" Pour conserver notre coeur dans une parfaite tranquillité, il est encore besoin de mépriser certains remords intérieurs, qui semblent venir de Dieu, parce que ce sont des reproches que notre conscience nous fait sur de véritables défauts, mais qui viennent en fait du malin esprit, selon qu'on peut en juger par les suites. Si les remords de conscience servent à nous humilier, s'ils nous rendent plus fervents dans la pratique des bonnes oeuvres, s'ils ne diminuent point la confiance qu'il faut avoir en la miséricorde divine, nous devons les recevoir avec actions de grâce, comme des faveurs du Ciel. Mais s'ils nous causent du trouble, s'ils nous abattent le courage, s'ils nous rendent paresseux, timides, lents à nous acquitter de nos devoirs, nous devons croire que ce sont des suggestions de l'ennemi, et faire les choses à l'ordinaire, sans daigner les écouter. " Lorenzo Scupoli, Combat spirituel.
Comprenons ceci : pour la personne de bonne volonté, ce qui est grave dans le péché n'est pas tant la faute en elle-même que l'abattement dans lequel elle se met. Celui qui tombe, mais qui se relève tout de suite n'a pas perdu grand chose. Il a plutôt gagné : en humilité, en expérience de la miséricorde. Celui qui reste triste et abattu perd bien davantage. Le signe du progrès spirituel n'est pas tant de ne plus tomber que d'être capable de se relever rapidement de ses chutes.
Jacques Philippe, Recherche la Paix et poursuis-la.
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