Le code de l’indigénat de 1887 attribuait le statut de sujet français aux populations de l’Empire. Contrairement aux citoyens français, ces sujets ne pouvaient être ni électeurs ni élus.
La Constitution de 1946, fondatrice de la Quatrième République, modifia le statut des colonies. L’Empire devint l’Union Française et les colonies devinrent des départements et territoires d’outre-mer; de ce fait, la Constitution de 1946 faisait de millions d'hommes de couleur des citoyens français, donc des électeurs et potentiellement, de futurs élus. L'initiateur et le rapporteur de cette loi fut le député noir sénégalais Lamine Gueye de la SFIO.
Cette extension considérable du suffrage universel était lourde de conséquence, elle aurait eu pour résultat de faire siéger au parlement français un nombre d'élus d'outre-mer à peu près équivalent à celui de métropole. Ces derniers auraient pu devenir des arbitres entre les partis, déplacer la majorité et bientôt peut-être la constituer à eux seuls. Une telle révolution du cadre constitutionnel est à peu près comparable au fameux édit de Caracalla de 212 après Jésus-Christ qui faisait citoyen romain tous les administrés de l’Empire, ce qui n’est tout de même pas de très bon augure pour qui sait humer dans l’air du temps le parfum de la décadence.
Un homme s‘opposa à ce projet, conscient du danger que faisait peser sur son pays le poids démographique des colonies, et considérant les français comme un peuple européen de race blanche et de religion chrétienne: ce fut le général de Gaule . Ce peuple qu’il avait contribué à libérer de l’occupation germanique, il ne souhaitait certainement pas le voir devenir la colonie de ses colonies.
Le putsch des militaires en Algérie, le 13 mai 1958, porta au pouvoir le général de Gaule qui abolit la Quatrième république. Mais il était trop tard pour revenir en arrière. Il ne restait plus qu'une solution pour sauvegarder la France telle qu’il la concevait : l'instauration d'un nouveau régime avec une nouvelle Constitution (la Cinquième), plus autoritaire et donnant un maximum de pouvoir à l'exécutif, dans la mesure où le parlement ne pouvait que faire la part de plus en plus belle à la représentation des allogènes de l'outre-mer.
La décolonisation fut la solution ultime qui permit d'échapper provisoirement aux exigences du pluralisme. Et de reblanchir le parlement.
étant assandant de la famille fils de boubacar gueye je sui d'avis pour valider des propos
Rédigé par: GUEYE | 14 mars 2008 à 15:35