Le code de la sécurité sociale, véritable culte national, est inscrit dans le préambule de la Constitution de la Cinquième République.
Voici ce que dit ce code en matière d’assurance maladie : « La Nation affirme son attachement au caractère universel, obligatoire et solidaire de l'assurance maladie. Indépendamment de son âge et de son état de santé, chaque assuré social bénéficie, contre le risque et les conséquences de la maladie, d'une protection qu'il finance selon ses ressources. »
A la lecture de ce code, un constat s’impose : la loi de financement de l’assurance maladie à la française n’obéit pas à un processus assurantiel dans la mesure où la démarche traditionnelle de l’assurance est d’établir une correspondance entre les cotisations demandées et les prestations versées à partir d’une évaluation personnalisée des risques. L’assurance maladie n’en est donc pas une. Mais qu’est-ce alors ?
A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Sécurité sociale, le président Jacques Chirac a prononcé une allocution mémorable au cours de laquelle il a rendu un vibrant hommage à cette organisation en affirmant qu’elle se plaçait "sur le terrain des valeurs", mieux encore que désormais la Sécurité sociale faisait partie de "l’identité de la France et du patrimoine des Français." Bigre ! La sécurité sociale est valeur, elle est identité, c'est la première religion de France.
Pour combler le déficit de l’assurance maladie sans remettre en question son code dogmatique gravé dans le marbre républicain, l’Etat n’hésite pas à entrer dans l’intimité de chacun au nom de la solidarité nationale. Quand notre Etat laïque enseigne à la société civile le Bien et le Mal, on ne plaisante pas avec la morale et l’hygiène publiques.
Concrètement, cela donne des lois sévères pour criminaliser les consommateurs d’alcools ou de cigarettes, le tout sous couvert d’humanisme que l’on fait rimer avec assistanat, infantilisation et restriction des libertés individuelles.
C’est donc dans un souci égalitaire qu’en refusant d’évaluer les risques de maladie de chacun, on finit par brimer tout le monde. De façon universelle, obligatoire et solidaire, cela va sans dire.
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