Le droit naturel trouve sa source dans la connaissance de ce qui est essentiellement juste, c'est donc un droit interprétatif qui fait l'objet d'une démarche intellectuelle guidée par la faculté de raisonner, un droit qu'il faut traduire en lois mais qui préexiste aux lois.
De la même manière c'est dans la nature qu'il trouve ses limites, conscient du caractère extrêmement diversifié de la nature humaine, il ne peut se traduire en tous lieux dans les mêmes termes de loi. Si le droit naturel peut être connu universellement par la faculté rationnelle des hommes, il ne se traduit pas dans des lois positives universelles. C'est pourquoi, si l'on devait établir des droits naturels valables pour l'ensemble de l'humanité, ils seraient nécessairement réduits à quelques points fondamentaux comme le droit à la vie, à la propriété et à la sécurité. Guère plus.
Le changement de détermination qui caractérise le passage aux droits de l'homme n'est pas insignifiant et encore moins innocent ; avec les droits de l'homme, il ne s'agit plus de rechercher ce qui est juste en soi, mais de satisfaire l'épanouissement sans frein de l'homme entendu comme une conscience capricieuse à qui il faut tout accorder. Le bon plaisir de l'homme sacralisé se décline en une spirale inflationniste de droits en tous genres et pour tous les genres, avec une totale subjectivité, mais aussi avec la folle prétention de se traduire dans des lois à caractère universel.
Les droits de l'homme sont une religion de la quantité, sans autre centre de gravité que celui de la masse, et dont le credo pourrait se formuler ainsi : plus il y a d'hommes, plus il y a de droits de l'homme.
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