L'hédonisme peut se présenter dans le meilleur des cas comme une philosophie héritière d'Epicure et de Lucrèce, mais force est de constater que sa version moderne s'accompagne d'une vulgarisation dont le principe se résume à l'identification du plaisir au bien, et que cette sorte d'hédonisme appauvrit considérablement les ressources morales humaines.
Le bien est ce qui nous fait plaisir ! clame l'hédoniste. Et il ne va guère plus loin. On pourrait l'aider un peu et lui suggérer que l'on peut distinguer parmi les plaisirs divers degrés de qualité, lui révéler qu'il existe peut-être une hiérarchie des plaisirs selon que l'on est homme ou âne, par exemple. Que notre constitution naturelle réclame une distinction entre les plaisirs bons et mauvais, entre ceux qui contribuent à une vie bonne où les inclinations naturelles de l'homme sont satisfaites chacune à sa place et ceux qui le perdent et l'enlisent dans toutes sortes d'excès qui lui sont préjudiciables au moral comme au physique.
Dans son Ethique à Nicomaque, le philosophe Aristote invite les hommes à placer leurs plaisirs et leurs peines dans les conduites adéquates, à les ressentir à bon escient " car celui qui sait bien user de ces deux sentiments sera bon, et le méchant sera celui qui en usera mal ". C'est ainsi que la distinction entre les bons et les mauvais hommes se retrouve dans le choix de leurs plaisirs.
Si le plaisir accompagne le bien, tout plaisir n'est pas pour autant un bien, loin s'en faut, c'est pourquoi il ne saurait être une quête en soi.
" Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus " (Mt 6, 25-32)
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