Que se cache-t-il derrière les idoles modernes ? Un début de réponse, peut-être, en se penchant sur les notions de liberté et d'égalité, si essentielles à nos constitutions.
La passion égalitaire ne vient peut-être pas d'une préoccupation vertueuse pour le bien commun mais plutôt d'une hantise de l'inégalité et de ses conséquences, parce que quand les inégalités apparaissent, les hommes deviennent dépendants les uns des autres, ils sont tenus par une chaîne de dépendances mutuelles, voilà sans doute ce qui fait horreur à l'individu moderne qui se veut autocratique.
Quant à la liberté telle qu'elle est entendue par les modernes, elle s'écarte nettement de la perception que pouvaient en avoir les anciens, notamment Aristote. Pour ce dernier, la liberté est subordonnée à la vertu sans quoi elle devient pure licence, excès et dérèglement ; en réalité, c'est l'exercice de la vertu qui libère les hommes. Au contraire, pour les modernes, c'est la liberté qui est censée rendre les hommes vertueux si bien qu'elle n'est plus subordonnée à rien d'autre qu'elle-même. On passe donc d'une liberté pour quelque chose ou liberté transitive, à une liberté pour elle-même ou liberté intransitive. C'est qu'il est insupportable à l'homme moderne que la liberté puisse dépendre de quelque chose de plus haut, ce serait lui assigner des limites. Là encore, derrière les belles valeurs se profile le même instinct de toute puissance divine, le fantasme de l'homme auto-législateur de sa propre vie, de ses lois et de ses valeurs.
Exercer ma liberté : faire tout ce que j'ai envie de faire ou choisir de faire ce que je ne serais pas naturellement incliné à faire...
Rédigé par: Stat Crux | 03 juillet 2009 à 21:44