La question du droit permet de distinguer deux types d'humanité, celle qui se demande ce qu'il est permis de faire et celle qui se demande ce qu'il est honorable de faire.
Dans le premier cas, on se préoccupe surtout du châtiment que l'on pourrait encourir en enfreignant une loi, on veut vérifier que l'on ne risque rien à faire telle ou telle chose, c'est l'inquiétude de l'enfant devant une autorité adulte, ou de l'esclave devant son maître.
Dans le second cas, c'est la préoccupation de bien agir qui soulève la question, on envisage l'action dans un esprit de justice en prenant garde de ne léser personne.
Nous sommes aujourd'hui enclins à comprendre la question du droit à la façon des enfants qui réclament la permission de faire quelque chose, signe d'une société régressive où le caprice civil est érigé en vertu face à un Etat bienveillant et nourricier.
C'est pour cette raison qu'un étudiant a parfaitement le droit de casser son université, un ouvrier son usine, un agriculteur la chaussée de sa commune, un employé SNCF sa voie ferrée et un banlieusard son propre quartier.
Dans le premier cas, on se préoccupe surtout du châtiment que l'on pourrait encourir en enfreignant une loi, on veut vérifier que l'on ne risque rien à faire telle ou telle chose, c'est l'inquiétude de l'enfant devant une autorité adulte, ou de l'esclave devant son maître.
Dans le second cas, c'est la préoccupation de bien agir qui soulève la question, on envisage l'action dans un esprit de justice en prenant garde de ne léser personne.
Nous sommes aujourd'hui enclins à comprendre la question du droit à la façon des enfants qui réclament la permission de faire quelque chose, signe d'une société régressive où le caprice civil est érigé en vertu face à un Etat bienveillant et nourricier.
C'est pour cette raison qu'un étudiant a parfaitement le droit de casser son université, un ouvrier son usine, un agriculteur la chaussée de sa commune, un employé SNCF sa voie ferrée et un banlieusard son propre quartier.
Bonjour,
Je suis assez d'accord avec votre distinguo. Cependant, mettre sur ce point, sur le même plan, l'étudiant et l'ouvrier par exemple ne me semble pas tout à fait juste. Le légalisme peut amener à oublier l'intérêt général, sous couvert de le représenter jusqu'à l'absorber.
L'ouvrier qui casse son usine est certes dans l'illégalité, mais agit-il seulement pour lui ou aussi en vue d'un idéal politique ? Pour l'étudiant, de fait, la réponse à la question est bien évidente, d'où ma méfiance à l'égard de votre réduction.
Cordialement,
Rédigé par: Constant | 19 juillet 2009 à 12:00
Bonjour Constant,
Il y avait une légère intention polémique de ma part dans la façon de mettre tous ces exemples sur le même plan, pourtant, ce n'est pas complètement absurde. Il se pourrait que l'étudiant qui casse sa fac partage avec l'ouvrier qui casse son usine le même idéal politique, d'ailleurs, je n'ose imaginer lequel, mais nous sommes en France et tout est possible. On peut bien sûr évoquer le désespoir, c'est la thèse à laquelle la majeure partie des médias adhère, mais cela n'empêche pas d'avoir une désagréable impression en voyant des gens qui pratiquent la violence pour extorquer à l'Etat des plans "banlieue" ou des plans "sociaux".
A part ça, je te félicite pour le démarrage de ton blog. J'attends la suite avec impatience.
Alexandre
Rédigé par: reacauthentique | 19 juillet 2009 à 18:12
Merci à toi. Un lecteur de Gómez Dávila ne peut pas être fondamentalement mauvais…
Je voulais simplement pointer ce qui me semble une évidence et qu'un certain état d'esprit de droite un peu abstrait oublie parfois : certains vivent parce qu'ils travaillent, d'autres vivent ET travaillent.
Ce terme de «travail» lui-même, voire celui d'«activité professionnelle» (merci novlangue), dans son unité, efface cette distinction essentielle. L'ouvrier sans formation risque de perdre sa femme, de crever s'il perd son travail ; l'étudiant ne risque rien de tel s'il rate son année. Idem pour celui qui a déjà de quoi vivre sans travailler, qui a des biens, un diplôme bancaibeule etc.
Merci de ton soutien, cela fait plaisir.
Rédigé par: Constant | 20 juillet 2009 à 20:20
Bravo pour avoir débusqué Gomez Davila ! en effet, lui et quelques autres se cachent derrière les intitulés de mes rubriques. Il n'y a d'ailleurs rien de personnel sur ce blog, je ne prétends pas avoir des idées mais plutôt partager celles qui me sont suggérées par des lectures très variées.
Quant à savoir si je suis fondamentalement mauvais, il ne faut pas que ma position à l'égard des casseurs d'usine te le fasse croire ; disons que le procédé qui consiste à faire gonfler les indemnités de chômage en employant la violence est indigne. Pour le reste, bien qu'il ne faille pas confondre la condition ouvrière telle qu'elle est présentée par Zola et la réalité d'aujourd'hui, je suis d'accord avec toi sur le fond. Mais quoi, déjà les civilisations sont mortelles, alors les usines...
Rédigé par: reacauthentique | 21 juillet 2009 à 08:53