La révolution qui a liquidé la royauté dans la Rome antique a été motivée par des intentions tout à fait contraires à la Révolution française. La république romaine, fondée sur les décombres de la royauté, est une création aristocratique et sa raison d'être est profondément inégalitaire.
L'aristocratie romaine devait maintenir sa situation de quasi-indépendance, de quasi-égalité avec le roi mais aussi de supériorité et d'autorité vis-à-vis de la plèbe. Or le pouvoir royal, dans un élan naturel, cherchait à étendre son influence et par suite à rabaisser les patriciens en trouvant dans la populace, populations vaincues comprises, un heureux concours. Pour grandir, le pouvoir royal devait affaiblir les cadres aristocratiques en s'aidant des exclus, plébéiens de toute origine, soit nationaux, soit vaincus.
La révolution qui a liquidé la royauté avait pour but d'empêcher deux phénomènes concomitants : l'élévation politique du roi et l'élévation sociale de la plèbe. La république romaine a été fondée pour défendre une hiérarchie sociale.
Certes, le populus a chassé la roi, mais par populus on entend alors exclusivement les patriciens, ceux qui appartiennent aux trente curies, groupement de familles nobles, lesquelles sont représentées dans le Sénat, assemblée des patres.
Le mot patria qui a donné patrie évoque les intérêts communs des pères et des familles nobles qui leur sont attachées. A l'inverse, quand on veut désigner l'ensemble des Romains, on dit populus plebisque, le peuple et la plèbe, qui n'est donc pas le peuple.
Quant à la res publica, qui a donné la république, ce sont les intérêts communs avancés par une société d'aristocrates dont les membres, populus, se maintiennent entre eux. De quoi faire frémir nos jacobins révolutionnaires français.
La République Romaine a en autre institué :
1 / l’art de la guerre qui était exercé par les citoyens romains eux-mêmes ;
Pas de différence avec/après la révolution française.
2 / la vertu civique qui attachait les Romains à leur patrie et à la liberté.
Pas de différence avec/après la révolution française.
3 / les institutions, en particulier la distinction des trois instances que sont le consul, le Sénat et le peuple ;
Seule différence avec l'après révolution française.
Rédigé par: Otton Wann | 31 octobre 2009 à 14:12
Euh...oui, sauf qu'apparemment la vertu civique romaine ne concernait justement pas le peuple au sens où les jacobins français l'entendaient. La défense de la patrie était donc une affaire d'intérêts particluliers et non l'affaire de tous.
Rédigé par: reacauthentique | 31 octobre 2009 à 15:01