Si l'on éprouve de si grandes difficultés à définir ce qu'est l'identité nationale aujourd'hui, c'est peut-être parce que ces deux notions ne se confondent pas. Auparavant, les Français s'unissaient autour du roi, c'étaient des individus qui apportaient leur concours à un chef aimé et respecté. La conscience de la communauté était liée à un sentiment d'association, mais le sujet à l'égard du roi était un autre que lui, soucieux de réserver ses droits ; l'identité n'était pas absorbée par le pouvoir, elle se tenait face au pouvoir dans sa diversité.
Depuis la Révolution, les hommes s'unissent dans la nation comme des membres d'un tout, la nation n'est pas un autre, c'est un tout qui englobe le sujet. La conscience de la communauté n'est plus liée à un sentiment d'association mais à un sentiment d'appartenance ; elle est une appartenance au pouvoir, absorbée par lui, c'est-à-dire par l'Etat français. C'est l'Etat qui définit l'identité française et au vu du caractère très hétérogène de la nation, il doit prendre le plus petit dénominateur commun. Evidemment on prise peu les origines mais plutôt le but poursuivi, le vivre ensemble, on évoque le ciment républicain dont la substantifique moelle se trouve dans l'art de vivre français : congés payés, réduction du temps de travail, trente-cinq heures, sécurité sociale...le régime républicain fabrique de l'identité à base de rafistolage, de colmatage à la truelle.
Et où est donc passée l'identité ? Eh bien justement dans tout ce que l'Etat se garde d'évoquer, dans l'attachement au patrimoine, l'héritage culturel et religieux, l'enracinement historique, autant de mots qui passent pour inconvenants au prétexte qu'ils sont fort discriminants.
L'identité, la vraie, échappe au pouvoir malgré lui, et c'est ce qui lui fait peur.
J'ai bien l'intention de participer au barnum sous-préfectoral ne serait-ce que pour me régaler des réactions de tous ces petits soldats de l'armée du Bien Universel.
Français depuis 1744, enfin plus précisément normand par la famille de ma mère et auvergnat par celle de mon père, mes aïeux se sont entêtés à ne produire que de français de souche. Pire, mon patronyme est d'origine gauloise, autant dire que je suis au delà du moisi. Je suis désespérément blanc, chrétien, amoureux des paysages de mes terroirs familiaux, amoureux de la culture française - la vraie pas celle de jack L. -, fier de l'histoire de mon pays. Et je me contrefiche de la république et de ses soi-disant valeurs qui bradent la véritable identité nationale. Elle n'a que deux misérables siècles d'existence et aucune légitimité.
Rédigé par: Koltchak91120 | 04 novembre 2009 à 18:26
Je suis de tout coeur avec vous !
Rédigé par: reacauthentique | 04 novembre 2009 à 19:06
Votre identité nationale est ethnoculturellement en bonne partie gastronomique. Je ne plaisante absolument pas. En France, on mange bien
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/la-france-gastronomique-ce-nest-pas-une-legende/
...pour des raisons parfois douloureuses, mais bon… Sauf que ceci est remis en question. Votre expertise identitaire est requise. En France, au jour d’aujourd’hui, on mange bien ou mal? C’est un trait national ou non? Venez nous éclairer, s.v.p.
Paul laurendeau
Rédigé par: Paul laurendeau | 06 novembre 2009 à 14:06