Le Réactionnaire Authentique

Etre réactionnaire, c'est comprendre que l'homme est un problème sans solution humaine.

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Féminisme

 

Le féminisme comme régression sociale

La répudiation est une tradition vivante dans le cadre de certaines cultures, elle consiste en une rupture du mariage par la volonté unilatérale de l'époux. Pratiquée jadis dans le judaïsme, pratiquée encore de nos jours dans l'islam, cette coutume a été remise en cause par le christianisme qui a contribué à favoriser le sort des femmes mariées en apportant deux conditions majeures ; d'abord la monogamie ensuite la sécurité garantie par un devoir d'aide et d'assitance auxquels s'engagent les époux.

C'est ainsi que naguère un homme marié, qu'il fût fidèle ou pas, ne pouvait décemment pas larguer les amarres pour laisser sa famille livrée à elle-même, c'eût été une désertion aussi scandaleuse que celle qui consiste à fuir un champ de bataille et c'eût entraîné une perte de respectabilité très dommageable pour lui.

Grâce au combat féministe, la répudiation est redevenue une coutume admise au nom de l'égalité des sexes. Certes, elle a pris d'autres formes plus encadrées, mais elle est de retour. Que les hommes y trouvent leur compte va sans dire, c'est la raison pour laquelle ils ont toujours applaudi le féminisme, pressentant qu'il y avait là une bonne occasion de se défaire de ce qui avait été un privilège et qui n'était plus perçu que comme un fardeau, comme une trop grande responsabilité. 

On voit donc de plus en plus souvent des femmes esseulées avec des enfants à leur charge, pas d'homme, et parfois une situation professionnelle précaire. Il reste l'Etat protecteur qui allonge la monnaie pour palier l'assistance défaillante d'un géniteur qui n'est plus pourvoyeur. C'est une victoire du féminisme.

 

Le féminisme comme avatar du marxisme

Le marxisme en tant que doctrine économique est périmé, mais en tant que philosophie, on n’en finirait pas de faire l’inventaire des domaines où il a essaimé, disséminé ses métastases. La grille de lecture marxiste est ajustable à loisir et permet une interprétation toute faite des rapports sociaux, il suffit de recycler les concepts et de redistribuer les rôles.

Ainsi en est-il du féminisme : l’homme, de préférence européen et catholique, est très crédible dans le rôle du bourgeois exploiteur, tandis que la femme trouve naturellement sa place comme substitut du prolétariat opprimé. Pour introduire un dynamisme à l’ensemble, le principe de guerre des sexes fait office de lutte des classes. Une fois que les pions sont en place, la comédie progressiste peut commencer, et conformément à la logique marxiste, elle ne s’achèvera qu’avec l’avènement d’une société asexuée, ou post-sexuelle, débarrassée de toute forme d’oppression phallocrate.

Alors seulement, devant la créature geignarde et apeurée que l’idéologie féministe aura si bien contribué à engendrer, les femmes se lamenteront, mais un peu tard : « où sont les hommes ? »

 

02 novembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2)

Frontières


Evoquer une identité nationale, je crois que c'est un abus de langage, ça n'existe pas. Non, ce qui existe c'est la nation. Et ce n'est pas près de disparaître. Tout est une question d'échelle, que ce soit pour la nation, la communauté, la famille, il faut simplement un dénominateur commun, fût-il infime, pour que ça se justifie. Simplement parce qu'on ne peut pas toujours dire "je" et que l'on a besoin de dire parfois aussi "nous". C'est humain. C'est comme ça.

Et pourquoi ne pas englober toute l'espèce humaine dans ce "nous" fraternel me souffle une petite voix doucereuse à l'oreille ? parce qu'il serait bien pénible de devoir parler toujours au nom de l'humanité, un vrai cauchemar. Ou plutôt, une farce.

Déjà, dire "nous Français", ce n'est pas une sinécure.

 

28 octobre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Socialisme

 

Le socialisme est l'hypersocialisation de l'homme, il n'envisage pas l'homme autrement que dans sa dimension sociale et le réduit à cela.  Le socialisme passe nécessairement par une socialisation des biens qui préfigure la socialisation des personnes. La négation de la propriété privée en tant que besoin naturel de l'âme est l'instrument parfait de cette aliénation.

En régime socialiste, la vie individuelle est subordonnée au plus haut degré à la vie sociale. L'instinct social de l'homme est hypertrophié au point qu'il devient membre de sa société comme l'abeille l'est de sa ruche, dans la négation de sa personne et de son âme. Bien sûr, le socialisme est athée.

Le socialisme perçoit la société comme un organisme, il ne peut y avoir de droit objectif dans une telle société car dès lors que le droit est forgé par la société, il est toujours modifiable par elle à mesure qu'elle opère ses mutations.

Tout est social en régime socialiste : les droits sont sociaux, la sécurité est sociale, la justice aussi et il existe même des mouvements sociaux en lieu et place des grèves traditionnelles.

Historiquement, le socialisme a connu des variantes nationales et hitlériennes, internationales et staliniennes, bien d'autres encore. Partout, n'ayant à revendiquer aucun droit autre que celui qu'il se donne à lui-même, le socialisme au pouvoir a mis à l'index, souvent pour les anéantir, des catégories sociales dont la nature a été jugée antisociale.

Pour prendre un exemple actuel, il existe des plannings familiaux qui planifient l'élimination des foetus dans le ventre de leur mère avec la bonne conscience assurée d'avoir affaire à un non-être puisque non avenu au monde social.

 

 

20 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Dyslexie

 

Aujourd'hui, à l'école, les professeurs font de plus en plus d'exercices de recopiage au lieu de faire des dictées, ce qui consiste pour un élève de sixième, par exemple, à recopier un texte qu'il a sous les yeux sans faire de fautes. Et l'écrasante majorité des élèves d'une classe de sixième fait des fautes, simplement en recopiant.

Ce genre de constat vient immédiatement relativiser la querelle au sujet des méthodes d'apprentissage, qu'elles soient syllabiques ou globales, non que ces méthodes soient indifférentes dans leurs effets, mais parce qu'elles relèvent d'une approche purement technique. Or, le problème pourrait bien être ailleurs.

Ces enfants de onze ans environ s'avèrent incapable de transcrire sans fautes ce qu'il ont sous les yeux, ce qui montre qu'ils sont incapables de se concentrer durablement sur un objet qui fait appel à leur intellect. Leur cerveau semble fonctionner différemment, comme si les nouvelles technologies dont ils sont repus, les heures passées devant des écrans de télévision ou d'informatique, avaient rendu impossible la fixation nécessaire de leur esprit.

Chaque technologie apporte-t-elle sa propre pathologie ? Si c'est le cas, il semblerait que les pathologies des mondes virtuels se nomment dyslexie et dysorthographie.   

11 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Ecologie

 

" Si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme ne la mérite pas moins " a déclaré le pape Benoit XVI, opérant une révolution dans les esprits. Jusqu'alors, seuls les animaux et les végétaux pouvaient faire l'objet de principes de précaution écologique, tandis que les hommes, échappant comme par magie à la nature, étaient encouragés à expérimenter tout et n'importe quoi, spécifiquement en matière de moeurs. Le pape nous ramène à la raison.

La conception d'une humanité essentiellement dénaturée, n'ayant plus de compte à rendre qu'à ses propres artifices, a engendré une conception de la liberté comprise comme indétermination ; est libre celui qui refuse de se laisser enfermer dans une donne qui lui est antérieure, la créature libre est indéterminée et elle l'est indéfiniment, la société n'est plus qu'un terrain de jeu où les rôles sont interchangeables. La fausse liberté est facilement reconnaissable, elle entonne à tout propos le refrain de l'émancipation, et ce faisant, elle nie la finitude humaine.

Etonnamment, les premiers à se montrer sourcilleux en matière d'écologie, ceux qui n'hésitent pas à faire un lien entre la pollution, le réchauffement climatique, la fonte des glaces et la disparition des espèces, sont les derniers à envisager un lien entre certaines expérimentations sociales et la régression qui s'ensuit. A aucun moment ils n'envisagent qu'il puisse exister un lien entre des méthodes pédagogiques innovantes et une régression du niveau scolaire, entre " l'émancipation" de la femme, la dévalorisation de la masculinité, la monoparentalité, l'homoparentalité, la perte d'autorité, le crash démographique, l'explosion des familles, la mal éducation...

Il est toujours possible de contester ces liens, en l'occurrence, on n'invoquera même pas un simple principe de précaution, pourtant très en vogue quand il s'agit de défendre les ours polaires.  Mais " si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme ne la mérite pas moins " nous rappelle le pape, posant ainsi la première pierre d'une écologie de l'homme.

 

 

 

11 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Invasion

 

Dans les petites cités antiques, la liberté n'était pas celle des particuliers mais celle de l'ensemble, c'était une liberté collective ; quand on dit que les Athéniens étaient libres, il faut comprendre que leur cité était libre, c'est-à-dire que leurs représentants au pouvoir étaient libres de résister à d'autres peuples ou libres de les envahir.

A mesure que les cités se sont modernisées et complexifiées, la liberté est devenue progressivement plus individuelle, permettant aux particuliers de résister non plus tant à une menace extérieure qu'à leurs propres représentants au pouvoir, à l'intérieur.

Il s'ensuit logiquement que si les cités antiques étaient moins bien armées pour résister aux abus de pouvoir de leurs gouvernants, les cités modernes le sont moins pour résister à une volonté de puissance venue d'ailleurs.

Est-ce suffisant pour expliquer la facilité avec laquelle des colonies de peuplement s'installent un peu partout en Europe sans se heurter à une résistance significative ? On peut arguer que les Etats ont mis en place un système législatif inhibant, voire liberticide, dans l'intention de museler les populations natives et de prévenir toute forme de révolte. Certes, mais est-ce vraiment tout ? J'ai tendance à penser que non.

On ne peut envahir qu'un corps social conscient de lui-même, or il faut bien reconnaître qu'il n'y a plus rien à envahir de ce point vue, du fait de l'extrême diversification de la société actuelle et de son haut degré de complexité. On est bien loin de la petite cité antique dont l'homogénéité était partie intégrante de sa structure. L'envahisseur éventuel, quant à lui, peut de plus en plus difficilement faire masse, quel que soit son nombre, pour peser dans la balance des pouvoirs et imposer ses vues. Il n'a aucun butin à prendre puisque tout lui est donné, et avant qu'il ait le temps de comprendre, le voilà déjà titulaire d'un brevet de citoyenneté assorti d'une panoplie de droits civils et sociaux, qu'il finit d'ailleurs par revendiquer comme tout le monde, accomplissant ainsi la révolution mentale qui fait de lui une partie du tout.  

Reste à savoir jusqu'où ce processus peut aller, et si les bases du système sont suffisamment solides. Si les bases économiques permettent indéfiniment à des masses souvent indigentes de s'agréger au corps social, si les droits sociaux qui florissent avec les printemps correspondent à des réalités ou à des iniquités. Jusqu'où peut-on aller ? C'est ce que nous sommes en train d'expérimenter.

 

09 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Dernier homme

" A peine sommes-nous au berceau, qu'on nous dote déjà de lourdes paroles et de lourdes valeurs : "bien" et "mal" — c'est ainsi que s'appelle ce patrimoine. C'est à cause de ces valeurs qu'on nous pardonne de vivre.

Et c'est pour leur défendre à temps de s'aimer eux-mêmes, qu'on laisse venir à soi les petits enfants : voilà l'ouvrage de l'esprit de lourdeur.

Et nous — nous traînons fidèlement ce dont on nous charge, sur de fortes épaules et par-dessus d'arides montagnes ! Et si nous nous plaignons de la chaleur on nous dit : "Oui, la vie est lourde à porter !"

Mais ce n'est que l'homme lui-même qui est lourd à porter ! Car il traîne avec lui, sur ses épaules, trop de choses étrangères. Pareil au chameau, il s'agenouille et se laisse bien charger.

Surtout l'homme vigoureux et patient, plein de vénération : il charge sur ses épaules trop de paroles et de valeurs étrangères et lourdes, — alors la vie lui semble un désert ! "

 F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

J'avais gardé un souvenir marquant de ce plaidoyer pour la légèreté, et je n'ai guère eu de peine à le retrouver sur la toile. Nietzsche prend parti pour le léger à l'encontre du lourd dans un élan révolutionnaire qui appelle à se délester des valeurs traditionnelles perçues comme autant de mythes incapacitants, d'entraves à la vie supérieure. C'est un Nietzsche bien peu conservateur que celui-là, qui prétend soulager les hommes du fardeau des valeurs morales héritées du christianisme, mais qui dans un même mouvement ôte aux hommes leur profondeur tragique et ouvre la voie à la légèreté hédoniste de masse  telle qu'elle triomphera plus tard.

Passage marquant à mes yeux, car si le philosophe a prophétisé le dernier homme, il lui a aussi bien préparé le terrain. 

20 juillet 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Idoles

 

Que se cache-t-il derrière les idoles modernes ? Un début de réponse, peut-être, en se penchant sur les notions de liberté et d'égalité, si essentielles à nos constitutions.

La passion égalitaire ne vient peut-être pas d'une préoccupation vertueuse pour le bien commun mais plutôt d'une hantise de l'inégalité et de ses conséquences, parce que quand les inégalités apparaissent, les hommes deviennent dépendants les uns des autres, ils sont tenus par une chaîne de dépendances mutuelles, voilà sans doute ce qui fait horreur à l'individu moderne qui se veut autocratique.

Quant à la liberté telle qu'elle est entendue par les modernes, elle s'écarte nettement de la perception que pouvaient en avoir les anciens, notamment Aristote. Pour ce dernier, la liberté est subordonnée à la vertu sans quoi elle devient pure licence, excès et dérèglement ; en réalité, c'est l'exercice de la vertu qui libère les hommes. Au contraire, pour les modernes, c'est la liberté qui est censée rendre les hommes vertueux si bien qu'elle n'est plus subordonnée à rien d'autre qu'elle-même. On passe donc d'une liberté pour quelque chose ou liberté transitive, à une liberté pour elle-même ou liberté intransitive. C'est qu'il est insupportable à l'homme moderne que la liberté puisse dépendre de quelque chose de plus haut, ce serait lui assigner des limites. Là encore, derrière les belles valeurs se profile le même instinct de toute puissance divine, le fantasme de l'homme auto-législateur de sa propre vie, de ses lois et de ses valeurs.

29 juin 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Homo, Bi, Trans...


Nous sommes sommés par la vox populi d'admettre des droits pour le moins fantaisistes revendiqués par des soi-disant minorités sexuelles, toujours plus visibles, et toujours avec le même argument asséné avec la dernière vigueur : reconnaissons-les, puisqu'elles existent ! Ce sont des faits, il faut se contenter de les constater et d'en prendre acte, car la société évolue, mon cher ami...

Pour en arriver là, il a fallu entretenir volontairement une confusion entre des modes de comportement et des genres, sans quoi ces nouvelles revendications n'eussent même pas été envisageables. Une inversion sexuelle partielle devient ainsi un nouveau genre appelé "bisexuel" tandis qu'une inversion totale, dont les causes psychiques ou physiologiques n'ont jamais été clairement énoncées, est attribué au genre " homosexuel ", comme si nous avions affaire avec un troisième sexe, pour paraphraser le titre d'un ouvrage célèbre.

Tenir des modes comportementaux pour des genres permet de créer artificiellement de nouvelles catégories juridiques, en d'autres termes d'adjoindre à ces comportements une personnalité morale, ce qui autorise ensuite des regroupements par association et pour finir, la revendication de droits inédits. Or, si l'on s'en tenait réellement à la constatation des faits, nous ne verrions derrière ces comportements que des hommes et des femmes, c'est-à-dire des personnes physiques qui n'ont rien de particulièrement spécifique, en tout cas rien qui mérite la création de nouveaux droits.

Oui, dira-t-on, mais et les transexuels alors ? Certes, le sexe d'un individu est constitutif de son identité et à ce titre on pourrait penser qu'un transexuel puisse revendiquer une identité à part entière et de nouveaux droits attachés à sa personne physique. Mais un transexuel est un homme qui se fantasme en femme, plus rarement l'inverse, à qui la science a permis de donner à son fantasme l'apparence de la réalité. Reconnaître son identité comme un fait, ce n'est pas reconnaître la réalité, c'est au contraire entrer dans son fantasme, et ajouter la manipulation sémantique à la manipulation chirurgicale.

On peut tolérer, dans une société libérale, tous ces comportements individuels, mais il n'est pas admissible qu'ils investissent le domaine du droit civil et qu'ils imprègnent l'esprit des lois pour entrer en concurrence avec les normes comportementales qui assurent à toute société sa survie et son avenir. Que la marginalité s'assume en tant que telle, qu'elle reste dans la marge, et jouisse paisiblement de la tolérance qui lui est gracieusement accordée.

 

03 mai 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)

Utilitarisme

 

Les tenants de la doctrine contractualiste affirment le caractère purement conventionnel du droit et de la société civile. Selon cette doctrine, la vie sociale est le fruit d'un calcul où les intérêts individuels sont avantagés de sorte que chacun y trouve son compte. La vie sociale, le droit et la justice, ne sont pas naturels, mais ils sont nécessaires et utiles.  

S'inspirant d'Aristote, le philosophe allemand Léo Strauss oppose à cette idée un brillant démenti dans son essai intitulé Droit naturel et histoire :

" L'homme est par nature un être social. Il est constitué de façon à ne pouvoir vivre qu'en société. Puisque la raison ou le langage le distingue des animaux et que le langage est communication, l'homme est encore plus social que les autres animaux sociaux : l"humanité est socialité. L'homme se réfère à autrui, ou plutôt lui est référé dans chacun de ses actes, qu'il soit social ou anti-social. Sa socialité ne procède manifestement pas d'un calcul du plaisir qu'il escompte de la fréquentation d'autrui ; au contraire il se plaît en société parce qu'il est par nature social. L'amour, l'affection, l'amitié, la pitié lui sont aussi naturels que le souci et le calcul de son propre bien. C'est sur la socialité naturelle de l'homme que repose le droit naturel au sens étroit de l'expression. Parce que l'homme est par nature social, la perfection de sa nature inclut la vertu sociale par excellence, la justice : la justice et le droit sont naturels "

Léo Strauss ; Droit naturel et histoire.

 

12 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Hédonisme

 

L'hédonisme peut se présenter dans le meilleur des cas comme une philosophie héritière d'Epicure et de Lucrèce, mais force est de constater que sa version moderne s'accompagne d'une vulgarisation dont le principe se résume à l'identification du plaisir au bien, et que cette sorte d'hédonisme appauvrit considérablement les ressources morales humaines.

Le bien est ce qui nous fait plaisir ! clame l'hédoniste. Et il ne va guère plus loin. On pourrait l'aider un peu et lui suggérer que l'on peut distinguer parmi les plaisirs divers degrés de qualité, lui révéler qu'il existe peut-être une hiérarchie des plaisirs selon que l'on est homme ou âne, par exemple. Que notre constitution naturelle réclame une distinction entre les plaisirs bons et mauvais, entre ceux qui contribuent à une vie bonne où les inclinations naturelles de l'homme sont satisfaites chacune à sa place et ceux qui le perdent et l'enlisent dans toutes sortes d'excès qui lui sont préjudiciables au moral comme au physique.

Dans son Ethique à Nicomaque, le philosophe Aristote invite les hommes à placer leurs plaisirs et leurs peines dans les conduites adéquates, à les ressentir à bon escient " car celui qui sait bien user de ces deux sentiments sera bon, et le méchant sera celui qui en usera mal ". C'est ainsi que la distinction entre les bons et les mauvais hommes se retrouve dans le choix de leurs plaisirs.

Si le plaisir accompagne le bien, tout plaisir n'est pas pour autant un bien, loin s'en faut, c'est pourquoi il ne saurait être une quête en soi.

 " Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus " (Mt 6, 25-32)

12 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

RacismeS

 

La lutte actuelle contre le racisme n'est qu'une forme de racisme supplémentaire dans la mesure où elle laisse dans l'ombre certaines agressions qui ne rentrent pas dans le cadre de son idéologie.

Par exemple dans la video dont le lien est ci-dessous, on voit un homme se faire agresser et traiter de "Français de merde ", une telle insulte accompagnée de coups violents devrait entrer dans les critères de reconnaissance d'une agression à caractère raciste, et pourtant ce ne fut pas suffisant aux yeux des vigiles de l'antiracisme national pour qu'ils daignent appeler à la vigilance comme ils le font si volontiers en d'autres circonstances. Certes, cette video est controversée, ne serait-ce que parce qu'elle n'était pas destinée à être diffusée sur le web, toutefois ce genre de fait divers est banal, et c'est sur ce point que les associations antiracistes ne font pas leur travail puisqu'elles occultent la réalité des actes racistes, la réalité de leur nature et de leur fréquence.  A croire que la lutte contre le racisme n'est pas leur véritable préoccupation et que leur objectif est ailleurs.

L'humoriste P. Desproges avait jadis refusé d'adhérer à l'association SOS Racisme alléguant qu'il en serait membre le jour où l'on mettrait un "S" au mot racisme, car il le savait bien, le racisme n'est pas à sens unique. En vertu de quoi le serait-il ? On peut raisonnablement envisager autant de racismes possibles que l'on peut différencier de races, c'est une question de simple logique. Que la race soit un concept valide ou pas n'a en l'occurrence aucun rapport avec la réalité des racismes et de leurs manifestations noctures dans les bus de la RATP.

Lien : agression dans un bus de nuit

07 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Darwinisme

 

Darwin n'a jamais écrit que l'homme descendait du singe ; les poissons, les reptiles, les singes sont des animaux actuels et les hommes n'en descendent pas, ils ont des ancêtres communs avec eux, ce qui ne signifie pas grand chose dans la mesure où toutes les espèces actuelles ont une origine commune, elles appartiennent à une sphère globale de parenté.

En fait, les lignées évolutives ne sont pas entièrement linéaires,  il y a de nombreuses branches, comme pour un arbre. En poussant le raisonnement, on peut toujours retrouver un ancêtre commun, jusqu'à en trouver un à toute forme de vie. Après cet ancêtre commun dont on ne sait d'ailleurs rien, les lignées évoluent indépendamment, ce qui fait qu'à partir d'un certain niveau, le terme "ancêtre commun" perd de son sens.

Biologiquement, l'homme appartient au règne animal , il EST un animal qui a développé des aptitudes sociales et politiques, il en a aussi développé de spirituelles, celles-la même qui lui font reconnaître une intelligence divine au dessus de lui dont il porte l'étincelle fragile et éphémère. 

Darwin n'a jamais été fâché avec l'Eglise, il a d'ailleurs été enterré fort chrétiennement dans l'abbaye de Westminster.

La théorie de la sélection naturelle a fortement inspiré les penseurs du XIXe siècle, notamment ceux qui l'ont utilisée pour promouvoir un darwinisme social, accusant au passage le christianisme d'être responsable de la décadence en favorisant les tarés et les faibles en général. Mais ont-ils vraiment lu Darwin ? Ont-ils compris la sélection naturelle ? Dans La Filiation de l'homme, publié en 1871, le naturaliste anglais écrit les lignes suivantes :

" À mesure que l’homme avance en civilisation, […] chaque individu […] doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d’une même nation, même s’ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, seule une barrière artificielle peut empêcher ses sympathies de s’étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races."

 " La sélection naturelle, principe directeur de l’évolution impliquant l’élimination des moins aptes dans la lutte pour la vie, sélectionne dans l’humanité une forme de vie sociale dont la marche vers la civilisation tend à exclure de plus en plus, à travers le jeu lié de la morale et des institutions, les comportements éliminatoires. En termes simplifiés, la sélection naturelle sélectionne la civilisation, qui s’oppose à la sélection naturelle. "

Il y aurait donc une forme de vie sociale sélectionnée par le principe de l'évolution et qui tendrait à exclure de plus en plus les comportements éliminatoires ; toute ressemblance avec le christianisme n'est certainement pas fortuite... 

Finalement, ce sont plutôt les hérésies chrétiennes qui semblent contraires à la sélection naturelle ; prenons l'exemple du socialisme, il n'est en rien une forme de vie sociale puisqu'il est une émanation de l'Etat, en outre son principe collectiviste est par essence aveugle à toute morale, voire criminel, il devra donc disparaître du fait de son caractère nuisible et antisocial, après avoir été tristement expérimenté. Ou bien alors Darwin nous a vraiment raconté n'importe quoi.

 

05 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Justice sociale


Qu'entend-on par justice sociale ? Il s'agit généralement d'un ensemble de mesures sociales coercitives destinées à empêcher ceux qui sont naturellement plus doués que les autres de tirer parti de leurs aptitudes, il s'agit de brider les dons individuels afin qu'ils ne puissent pas être cultivés à leur plus haut degré.

Derrière cette conception de la justice sociale, il y a un présupposé qui amène à considèrer que la répartition inégale des dons est une injustice commise par la nature en sorte que la société se doive de la réparer. Et c'est cela qui me semble contestable. En effet, un tel présupposé induit une vision atomisée et guerrière des rapports sociaux, une vision où chacun entre en conflit contre l'autre, ce qui implique la nécessité de partir avec les mêmes armes pour affronter son semblable dans la jungle sociale ; où l'on constate que l'égalitarisme est avant tout un individualisme.

A l'inverse, admettre les inégalités, c'est admettre que la nature fasse éclore les dons à des degrés variés afin de s'accomplir dans toute sa perfection mais aussi afin que chacun puisse s'accomplir en l'autre dans un lien de dépendance, une chaîne de solidarité ; c'est la célèbre théorie de l'inégalité protectrice chère à Maurras.

Il apparaît que la véritable justice sociale consisterait à donner de grandes facilités à l'individu doué pour que les autres puissent en fin de compte profiter à leur tour des fruits de son talent.  



28 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tolérance

 

La tolérance est entendue comme le mot d'ordre fondamental de l'époque, c'est ce à quoi on ne peut déroger, sous peine d'ostracisme. En apparence, elle consiste à accepter tout et donc à ne rien discriminer, mais en réalité, comme tous les dogmes, elle a ses hérétiques que sont les "extrêmistes".

Selon la philosophie tolérantiste, l'extrêmiste n'est pas celui qui perd toute mesure, celui dont la raison s'égare, c'est simplement celui qui se croit capable de reconnaître ce qui est bon. Attention danger ! se dit le tolérantiste vigilant, l'épanouissement sans frein de l'homme pourrait s'en trouver incommodé...

La seule chose véritablement intolérable, en fin de compte, c'est que l'on veuille reconnaître un arbre à ses fruits au lieu de reconnaître l'égale valeur de tout.

 

 

15 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Immigration

 

L'immigration est souvent envisagée de façon idéologique et passionnelle, pourquoi ne pas y apporter un zeste de pragmatisme ? C'est en Suisse qu'il faut l'aller chercher.

Chez nos cousins helvètes, une distinction fondamentale est observée entre les citoyens résidents et les étrangers résidents, la présence de ces derniers relevant d'un simple droit d'habitation, lui-même subordonné à de strictes conditions où l'avantage de la collectivité est recherché.

En ce qui concerne l'obtention de la nationalité, elle se fait en deux étapes : d'abord il faut obtenir une autorisation fédérale, puis  le canton et la commune de domicile peuvent ajouter des conditions supplémentaires et fixer le prix de l’acquisition de la nationalité avant de l’approuver. Les conditions varient fortement d’une région à l’autre et peuvent parfois être très restrictives, certaines communes vont même jusqu’à faire voter la population locale sur l’octroi de la nationalité ; le coût varie également suivant la commune et le canton.

Quelle leçon en tirer ? A mon avis, que la gestion de l'immigration par un Etat souverain au niveau national est à proscrire, elle lèse une trop grande partie de la population et encourage l'irresponsabilité politique des gouvernants et des citoyens. 

Que les municipalités décident souverainement qui peut ou non entrer sur leur territoire, voilà qui encouragerait davantage l'implication de chacun dans la vie politique. 

 


12 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Altérité

 

A ceux qui attendent un secours de la religion chrétienne dans un combat de type nationaliste, il faut qu'ils sachent que leurs attentes seront déçues ; les tentatives de récupération politique de la parole du Christ sont vaines.

Il faut bien voir que Jesus est celui qui a dit à propos d'un centurion romain " Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. " Et il disait cela contre son propre peuple. Inutile de développer davantage.

Il existe un secret de polichinelle au sujet du déclin de l'Europe : quand bien même notre belle planète ne serait peuplée que de membres de notre famille, le rameau blanc de l'humanité, nous n'en serions pas moins en train de disparaître inexorablement. Le commandement biblique qui encourage les hommes et les femmes à croître et à multiplier n'est plus en vigueur dans nos contrées occidentales, et il n'est guère plus personne, excepté certaines familles traditionnalistes et souvent catholiques, pour continuer à suivre ce précepte. Un pays comme l'Irlande dont la déchristianisation a été plus tardive a pu retarder un peu son déclin, ce qui ne bouleverse pas la donne.

L'Autre n'est pas responsable de notre perte, c'est ce qu'il faut bien admettre. Une vie chrétienne n'a pas besoin de se défier de l'Autre, car une vie chrétienne est une vie fertile. Lorsque les Européens faisaient des enfants, ils n'avaient aucune raison de craindre ceux qui ne leur ressemblaient pas, ni même de craindre le métissage qui a toujours existé dans une certaine marge.

Ce sont les races stériles et à bout de souffle qui se retranchent derrière des lignes Maginot dérisoires, manifestant ainsi aux yeux du monde le peu de confiance qu'elles ont en elles. Car la race n'est rien sans le feu de l'esprit qui l'anime.

 

 

 

08 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Imbéciles

 

C'est une chose admise qu'il faille combattre les idées et non les hommes, mais lorsque certaines idées sont toujours revendiquées par des imbéciles, la tentation est grande de les mettre dans le même sac.

Faut-il s'en étonner ? De même que les jolies femmes tombent dans les bras des hommes qui ont une aptitude à la séduction, de même les idées absurdes échoient à ceux qui sont inaptes à la réflexion. Ce sont des affinités naturelles.


24 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Ordre naturel

Le droit naturel est synonyme de mesure, il est la discrimination de ce qui est juste. En tant que tel il ne peut pas être inventé car il existe en lui-même et préexiste donc à sa formulation dans le droit positif. Il s'oppose au positivisme dont le principe est de créer le droit à partir d'une volonté normative soi-disant éclairée.

La politique naturelle est fondée sur la conviction que les sociétés ne se font pas par la volonté des hommes, ou volonté générale, mais que c'est le temps qui les fait.  Cet ordre  naturel est le fruit de la sédimentation de pratiques et de coutumes librement consenties.

" Dans tous les temps, l'homme a voulu s'ériger en législateur de la société politique, et donner une constitution à l'une et à l'autre ; or je crois possible de démontrer que l'homme ne peut pas plus donner une constitution à la société religieuse ou politique , qu'il ne peut donner la pesanteur aux corps ou l'étendue à la matière, et que, bien loin de pouvoir constituer la société, l'homme par son intervention, ne peut qu'empêcher que la société ne se constitue, ou, pour parler plus exactement, ne peut que retarder le succès des efforts qu'elle fait  pour parvenir à sa constitution naturelle " Louis de Bonald Théorie du pouvoir poltique et religieux.

Ainsi l'homme ne peut constituer la société, il ne construit pas la société de manière abstraite ; le pouvoir doit laisser la société s'organiser librement. Cette conception s'oppose au constructivisme qui prétend établir une société nouvelle en faisant table rase du passé. 

L'économie naturelle, dite aussi libérale, se résume à cette maxime souvent mal comprise " laissez faire, laissez passer ". Voici ce qu'en pense Frédéric Bastiat :

" Les économistes ne disent pas qu'un homme peut tuer, saccager, incendier, que la société n'a qu'à le laisser faire ; ils disent que la résistance sociale à de tels actes se manifesterait de fait, même en l'absence de tout code ; que, par conséquent, cette résistance est une loi générale de l'humanité ; ils disent que les lois civiles ou pénales doivent régulariser et non contrarier l'action de ces lois générales qu'elles supposent " Harmonies économiques.

Cette économie naturelle trouve son contraire dans l'économie forcée, ou artificielle dont le socialisme reste la meilleure illustration, bien qu'il ait de nombreux avatars.


18 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Patriotisme économique

 

Rien ne me semble plus naturel que l'attachement géographique et spirituel à la mémoire de nos pères, c'est tout simplement un sentiment de reconnaissance pour le travail qu'ils ont accompli, les efforts qu'ils ont faits, et tout ce qu'ils nous ont légué, voilà à mon sens ce qu'est le patriotisme.

Est-ce à dire que la notion de patriotisme soit complètement étrangère aux biens matériels ? je ne le crois pas, je pense même que l'attachement  à la patrie peut être fortement motivé par l'attachement à un patrimoine. Certes, il peut s'agir d'un patrimoine spirituel, d'un legs de sages coutumes, d'institutions et de lois justes, de croyances partagées ; mais il peut s'agir aussi d'un patrimoine foncier et immobilier ("im-mobilis" : qui ne bouge pas) qui porte en lui une histoire dans laquelle nous nous reconnaissons ou qui possède plus simplement une valeur intrinsèque accumulée par plusieurs générations. 

Pourtant, lorsqu'on entend parler de patriotisme économique, il n'est généralement pas question de ce genre de patrimoine. Il s'agit souvent de "défendre" des biens de consommation et des emplois que l'on qualifie de "nationaux" contre la concurrence que l'on qualifie d' "étrangère" en élevant des barrières douanières. 

Si la valeur ajoutée de ces produits est le résultat d'un savoir-faire reconnaissable et identifiable en tant que tel,  un savoir-faire attaché à un nom, une culture, une tradition  ou une innovation qu'aucun substitut ne saurait équivaloir, dans ce cas aucune protection n'est nécessaire. En revanche, si ces produits sont interchangeables, si le savoir-faire utile à leur fabrication est largement répandu dans le monde, il y a en effet des raisons de craindre la concurrence, mais il n'y a plus aucune raison de considérer ces produits et les compétences de leurs fabricants comme ayant une valeur patrimoniale ou nationale.

Il convient donc de distinguer deux formes de patriotisme économique , celle qui consiste à pratiquer une politique protectionniste pour garantir les intérêts de certains fournisseurs et fabricants monopolistes et pour camoufler leur manque d'innovation, et celle qui encourage la transmission et le perfectionnement d'un savoir-faire singulier, tant il est vrai qu'il n'est de richesses que d'hommes. 


15 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Républicanisme

 
L'examen des grands piliers sur lesquels repose notre République jacobine française permet facilement de discerner quelques grandes tendances :

Premier pilier : l'universalisme

L'identité française, qu'est-ce ? C'est une nuée. Une nuée qui ne s'arrête à aucune forme ni à aucun contenu par peur de constituer un groupe à part et d'exclure l'Autre. Mieux ne vaut-il pas l'absorber, cet autre, plutôt que de l'exclure ? Ah oui mais alors il n'y a plus d'altérité ! Ce n'est pas grave, c'est justement ça le but.

Deuxième pilier : le collectivisme

Nous, les Français, nous sommes pour le partage, mais attention,  pas le partage spontané relevant d’une volonté individuelle et morale, non, le partage institutionnalisé, nous sommes des partageux, des solidaristes, c'est écrit dans le préambule de notre constitution, et c'est pour cela que la pauvreté chez nous aurait dû disparaître ; si ce n'est pas la cas, la raison en est simple : il n'y a pas assez de redistribution.

Troisième pilier : l'égalitarisme

Le prisme égalitaire est ce par quoi tous les événements trouvent leur explication, la moindre crise sociale ou économique, les émeutes, les scandales, tout ! A chaque occurrence, les observateurs d'inégalité se mettent en branle du haut de leur observatoire, ce sont vertueux sociologues en service commandé, ils révèlent à notre face médusée le fin mot de l'affaire: il faut plus d'égalité.

Quatrième pilier : le laïcisme

C'est un temple , mais ici, nulle référence au divin, nulle transcendance, seul l'homme face à lui-même. Il faut prononcer " l'Haumme " avec un "o" ouvert pour que ça résonne plus majestueusement ; inspirez et imprégnez-vous de l'atmosphère, ça sent bon le socialisme et la franc-maçonnerie d'antan.

Cinquième pilier : le relativisme

Si l'accès à la vérité et au bonheur nous est interdit par la voie religieuse, peut-être pouvons-nous compter sur l'art ? Divine proportion, beauté mystérieuse qui nous enchante et nous dépasse, où es-tu ? Mais l'instinct démocratique hait ce qui le dépasse, il ressent cela comme une agression contre sa nature profonde qui ne tolère aucun dépassement.  Lorsque le beau est ressenti comme une agression, la mission démocratique de l'art s'accomplit dans l'agression du beau, c'est ce que l'on a appelé l'art contemporain.
Cet art est le plus subventionné qui soit car il a un rôle social, il est mandaté par l'instinct démocratique pour accomplir sa mission de nivelage dont la médiocrité est à la fois le principe et le but. Il laisse partout son empreinte de dégradation, de vandalisme, de souillure et de chiure.


14 janvier 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Autorité


" En général, toute autorité légitime est destinée à servir notre bien ; c'est parce que notre bien est au-dessus de nous que l'autorité revendique notre subordination à des degrés ou sous des formes variées.

En bref, la hiérarchie signifie la soumission de l'homme à ce qu'il y a de plus haut en l'homme et à ce qui est plus haut que l'homme mais qui réclame son attention : en dernier ressort, elle signifie, selon de nombreuses voies d'approche nécessaires et complémentaires, sa soumission à Dieu.

L'émancipation au contraire signifie la soumission de l'homme à l'homme et son attachement d'esclave à ce qu'il y a de plus bas en lui ; ou encore, en dernier ressort, à l'esprit qui cherche à le détruire ".

Aurèle Kolnai, Privilège et liberté.

01 novembre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Bien commun

 

Nous avons vu précédemment que la liberté politique chez les anciens se traduisait par une action en faveur du bien commun. La notion de bien commun reste toutefois très ambiguë, tirée à hue et à dia selon les courants de pensée qui la revendiquent.  

Dans une perspective collectiviste, le bien commun se confond avec les domaines réservés de l'Etat, il rime avec la redistribution des richesses et les services publics. Insensiblement, nous sommes passés du bien commun à la communauté des biens où l'Etat devient cette "grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde" pour reprendre la célèbre formule de Bastiat.

Dans une perspective individualiste, le bien commun est présenté comme la somme des biens particuliers. Concrètement, on peut se demander comment additionner des biens privés, cela semble impossible.

Ces perspectives peuvent donner lieu à des objections faciles, que je ne vais pas me priver de faire. Tout d'abord, le bien commun ne doit jamais entrer en contradiction avec le bien individuel, ce qui serait absurde et profondément injuste. Il faut se méfier de la rhétorique politique qui exige de sacrifier les biens individuels sur l'autel d'un bien commun mal défini, c'est l'argument de la spoliation, du souverainisme, du despotisme. Ensuite le bien commun ne se confond pas non plus avec les biens privés, il est justement le bien de chacun sans être identique aux biens privés.

Que reste-t-il si l'on s'en tient à cette exigence ? On en revient tout simplement à ce qu'était la notion de bien commun avant d'être dégradée par les idées modernes : des lois justes, de bonnes coutumes, de sages institutions et une force militaire assez puissante pour les défendre.

On le voit, la notion de bien commun est l'horizon de la liberté politique, qui est une liberté d'action pour la cité ou la nation. Si la notion de bien commun se réduit aujourd'hui à la défense des services publics ou à la somme des intérêts individuels, c'est aussi parce que la liberté se réduit au bon plaisir de chacun. Une dégradation en entraîne logiquement une autre.

Ce qui amène à cette dernière réflexion : pour que le bien commun et la liberté politique qui s'en préoccupe ne se dégradent pas, il faut à l'homme libre certaines vertus ; ces  vertus sont politiques en ce qu'elles incluent le sens de la loi et de la justice, ce que l'on appelle aussi l'équité. Elles sont morales avec ce qu'Aristote appelle la philia, c'est-à-dire l'affectivité qui permet de partager et non de sacrificer certains fruits d'une propriété privée avec des amis, par exemple, sans oublier l'héroïsme qui peut dans certaines circonstances s'avérer utile à la survie du bien commun. Des vertus intellectuelles ne sont pas non plus à négliger, notamment la prudence qui est indispensable à la pratique de l'art politique.  

L'essence de ces vertus étant plutôt aristocratique, on comprend mieux pourquoi la démocratie athénienne excluait de fait tout ce qui n'était pas "bien né". On comprend également pourquoi nos démocraties modernes ont tellement de difficultés à appréhender ce que doit être réellement le bien commun.

 

31 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Bon sauvage

 

S'il est un apport regrettable des philosophes du dix-huitième siècle à la pensée occidentale, c'est bien le mythe de l'état de nature.

Prétendre qu'il existe un etat naturel de l'homme antérieur à la société est une première absurdité ; on ne peut pas dissocier les hommes de leur milieu naturel, et ce milieu c'est justement la société, ce que les Grecs savaient mieux que nous : l'homme est un animal social par nature.

La deuxième absurdité est de prétendre que cet homme à l'état de nature est bon : "La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable". Jean-Jacques Rousseau.

Le succès de ces idées philosophiques et néanmoins fort peu sages a engendré un culte du sauvage, et du bon sauvage cela va de soi. Une part non négligeable de la littérature du siècle de Louis XV est imprégnée de cet idéal naïf, il suffit de penser au fameux Huron de Voltaire dans l'Ingénu, à Paul et Virginie, à l'Île aux esclaves...il faudra attendre la douche froide du roman de William Golding, Sa Majesté des mouches, pour revenir à un peu de bon sens.

Les dégâts psychologiques causés par cet idéal su bon sauvage se font encore sentir de nos jours. Que cherche le militant humanitaire qui part en Afrique ? Et le militant associatif qui encourage l'immigration sauvage sur son propre territoire ? Ils cherchent la rédemption au contact d'individus plus naturels qu'eux, et donc meilleurs. On assiste ici à un inversement total des valeurs : le bien est ce qui est naturel, le mal est ce qui est civilisé, voire chrétiennement civilisé.

Bien entendu, dans la réalité, ces populations venues d'ailleurs ne sont pas plus naturelles que nous, elles sont d'une nature différente ; elles ne sont pas moins sociales que nous mais leur sociabilité s'exprime différemment. En croyant se ressourcer dans l'autre, le pauvre petit blanc ne fait que se perdre un peu plus.

Finissons par quelques citations savoureuses de bons réactionnaires bien de chez nous, et comme nous les aimons :

"L'état qu'on a appelé l'état de nature est une chimère. L'état sauvage ou de barbarie n'est qu'une dégénération dont nous n'avons pas pu suivre les périodes, mais qui certainement n'est ni un état naturel, ni un état primitif " Ballanche.

" On a constamment pris le sauvage pour l'homme primitif, tandis qu'il n'est et ne peut être que le descendant d'un homme détaché du grand arbre de la civilisation par une prévarication quelconque " Joseph de Maistre

" C'est le contraire de la proposition de Rousseau  qu'il faut prendre : l'homme naît méchant, et la société le ramène. Ou plutôt, il naît dans le mal, la société le recueille, et c'est l'Eglise qui le répare. " Blanc de Saint-Bonnet.


30 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Quelques principes de prudence politique

 

La loi doit guider le comportement et non le for intérieur. Aucun pouvoir ne doit diriger les consciences en se faisant le vecteur d'une idéologie ou d'une religion nationalisée.

La réforme est aussi importante que la manière dont elle se fait. La réforme brutale, la tentation révolutionnaire sont aussi fatales que l'inertie.

Les utopies sont dangereuses en politique. Il faut toujours des réformes concrètes. Sinon, rien.

Prendre en compte la variété humaine et se défier de l'universalisme illuminé.

 

30 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Liberté

 

Il existe une rupture dans la conception de la liberté politique entre les anciens et les modernes, et lorsque j'évoque les anciens, je pense surtout à la Grèce antique.

Dans l'antique démocratie grecque, qui était en fait un composé de démocratie et d'aristocratie, la liberté politique était positive, c'était une liberté d'action à travers laquelle le citoyen était le corollaire du pouvoir. La liberté était soumise au bien et le citoyen en faisait usage pour le bien de la cité.

A l'inverse, la liberté des modernes est essentiellement négative, en dépit du droit de vote dont il faut convenir qu'il représente peu de chose puisqu'il se limite à une liberté d'examen. Pour le reste, la politique doit s'occuper du maintien de la vie et de la sauvegarde des intérêts du citoyen ; c'est une liberté défensive.

Les modernes ne reconnaissent plus de libertés publiques, celles dont usait le citoyen antique pour agir dans sa cité, ils ne reconnaissent que des libertés privées dont ils demandent à l'Etat d'être le garant. La liberté devient une espèce de propriété qui permet de jouir de divers objets qui sont autant d'autres propriétés. La liberté est exlue de la politique et incluse dans l'économie.

Ainsi, la liberté des anciens était-elle une liberté pour agir en faveur du bien, tandis que la liberté des modernes est une liberté pour jouir de divers biens.

Sans doute faut-il voir dans cette détérioration de la notion de liberté une évolution irrémédiable des hommes, moins fiers que leurs ancêtres, moins confiants, plus désabusés sur leur propre nature.

 

27 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Rousseauisme


" Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le véritable fondateur de la société civile. " Rousseau ; Discours sur l'inégalité.

Quel lycéen français n'a pas été soumis à l'étude de ce texte ? La célèbre petite phrase est encore aujourd'hui un passage obligé pour qui veut s'orienter vers un baccalauréat général, et c'est un petit joyau, la quintessence de l'esprit moderne qui nous est offerte. C'est bien simple, il y a tout.

Il y a d'abord le postulat d'un état de nature, un état d'avant la société qui prend à contrepied la conception traditionnelle de l'homme comme animal social ; ici la société est un artifice, une construction alors qu'elle était pour Aristote un fait de nature.

Ce postulat entraîne aussitôt une nouvelle appréhension de la loi qui devient elle aussi un artifice, une construction de la société par le biais de la "volonté générale" ou de la "souveraineté populaire". L'homme ne se reconnaît aucune autre loi que celle qu'il s'est donnée lui-même.  Le droit naturel, incréé et indépendant de toute volonté humaine, est anéanti.

Mais il y a mieux ! la faute originelle repose sur les épaules de l'homme qui a revendiqué une propriété privée. Sur ce point, Rousseau va très loin, il est le maître à penser de ceux qui souhaitent dépouiller les hommes au nom de "l'intérêt général".
Le "bien commun" que nous vante cette espèce nuisible d'idéologues dévie naturellement vers la communauté des biens, c'est à dire vers la négation du droit de propriété. Sur ce point, comme sur les autres, Rousseau a été lu et entendu.


Le plus troublant, c'est que Rousseau emprunte à la Bible le récit de la chute de l'homme, mais il le dévoie complètement ; là où le mal est en l'homme pour le chrétien, il est dans l'autre pour le rousseauiste, et l'autre a le visage du propriétaire, de l'homme civilisé...de l'homme européen, en somme.



20 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Métissage


Les grands discours convenus sur l’amitié des peuples, la richesse de la diversité, le métissage comme horizon historique indépassable vous laissent froid ? Ce n’est pas vous que l’on verra vibrer au son de la "world music" sous un étendard aux couleurs de l’arc en ciel ?

Dans ce cas, je suis au regret de vous faire savoir que vous n’êtes pas encore prêt à fusionner dans le grand Tout cosmique qui vous propulsera à jamais dans le camp du Bien. Vous êtes recalé !

Essayons de comprendre d’où vient votre réticence. Si ce genre de discours ne fait vibrer aucune corde sensible en vous, c’est peut-être parce qu’il vous rappelle un vieux refrain, quelque chose comme une utopie ; et puisque les utopies finissent toujours par se réaliser, il vous faut chercher dans les décombres de l’histoire.

Vous avez trouvé ? Il y eut effectivement une tentative historique d’éradiquer le Mal par égalisation à marche forcée de l’humanité, ce que l’on appelle le communisme. La petite phrase de George Orwell vous revient aussitôt en mémoire :

TOUS LES ANIMAUX
SONT ÉGAUX
MAIS CERTAINS SONT PLUS ÉGAUX
QUE D'AUTRES

Et voilà que tout s’illumine ! A présent, vous pouvez expliquer votre réticence, car la planification du métissage est une des nombreuses facettes de cet instinct niveleur qui travaille toujours en profondeur les sociétés démocratiques. 

Il en va du métissage comme de l’égalité, et les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous pouvons d’ores et déjà être sûrs que dans la ferme de demain, tous les animaux seront métissés, mais que certains seront plus métissés que d’autres.


07 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0)

Individu

L'individu est une notion algébrique et abstraite. Etymologiquement c'est ce qui ne peut pas être divisé, c'est la notion idéale pour les opérations comptables, les sondages, les analyses économiques.

Pour le reste, il faut bien le dire, l'individu n'existe pas. Pour qu'il existe, il faudrait lui greffer une appartenance, au sens large, en distinguant ce qui lui appartient et ce à quoi il appartient.

A quoi peut appartenir un individu ? A une histoire familiale par exemple, à une culture, une civilisation, une religion. Et que peut-il bien posséder ? Tout ce qui relève du droit de propriété, comme le fruit de son travail ou les biens dont il hérite.

L'individu existe car il a été engendré, car il s'inscrit dans une continuité qui l'enracine dans un territoire, dans une culture, dans une tradition. Il existe parce qu'il a des racines. A cette condition seulement, on peut dire qu'il est devenu une personne humaine.

06 octobre 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Hérédité

 
Je suis toujours frappé par la floraison des pages horoscope dans le moindre magazine où s'exprime le besoin d'expliquer un tempérament par l'influence d'une planète.
Il me semble que dans ce cas précis l'ascendance familiale est à considérer avec beaucoup plus d'attention que l'ascendance astrale, et même s'il est plus gratifiant, voire poétique, de se placer dans la sphère d'influence de Saturne que de regarder ses aïeux, même si l'on préfère volontiers chercher la clé de notre tempérament dans la conjoncture des astres que dans le souvenir jauni d'un vieil oncle diabétique, notre amour-propre dût-il en pâtir, c'est bien là qu'il faut creuser.

Toutefois, si l'hérédité peut permettre une connaissance de soi plus approfondie,
elle ne peut en aucun cas servir de justification à un mode comportemental individuel qui reste en dernier recours le résultat d'une décision volontaire et réfléchie, dont nos pauvres aïeux ne sont absolument pas responsables.
 
Hérédité n'est pas fatalité.



29 août 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Bonheur

Le bonheur, voilà un mot qui fait souvent la une des magazines généralement en période estivale où l'on essaye d'en trouver la recette magique. Combien faut-il consommer de calories ? Combien de rapports sexuels et avec quels partenaires ? Le bonheur, on le voit bien, se confond facilement avec l'agrément et le bien-être, ce qui n'est pas absurde mais pas totalement satisfaisant non plus.

Si nous abandonnons notre horizon moderne pour revenir à l'antiquité et à Aristote, nous risquons d'être désorientés, car la poursuite du bonheur pour le philosophe va de pair avec celle de la vertu. C'est lorsque l'on a acquis des habitudes morales bénéfiques et que l'on prend plaisir à les perpétuer que l'on devient heureux.

Mieux encore, diminués que nous sommes par notre inaptitude à la vie spirituelle nous avons oublié qu'il existait d'autres mots pour désigner le bonheur, ou plutôt des mots pour désigner des états de conscience qui sont intensément supérieurs au simple bonheur.
La félicité est un de ces mots qui laisse entendre un comblement extrême tandis que la béatitude, chère à nos anciens mystiques, se rapproche de l'extase et de l'inexprimable. 
Le fait que ces mots soient tombés en désuétude n'est pas seulement le signe d'un appauvrissement sémantique, c'est très probablement aussi celui d'un appauvrissement de l'âme. 



Bonheur d'été

28 août 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Désenchantement

Il paraît que l'offre politique actuelle est une source de désenchantement, c'est ce qu'on peut lire dans certains quotidiens : les gens sont en panne de rêves fédérateurs, de lendemains qui chantent ; je crois que c'est un malentendu sur ce qu'est réellement la politique.

Selon Aristote la politique est l'art de s'orienter avec prudence dans un monde incertain, si bien que ceux qui en attendent autre chose, que ce soit la restauration d'une France sublimée ou le grand soir révolutionnaire, se fourvoient complètement. Un homme d'Etat doit se concentrer sur deux missions essentielles : concorde à l'intérieur, sécurité à l'extérieur. Le reste est romantisme.

Bien des gens sont assoiffés d'utopies collectives parce qu'ils ne savent pas rêver individuellement.

27 août 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Différence

Etymologiquement, la différence est ce qui est écarté, séparé ; la diversité est ce qui est tourné de plusieurs côtés. Cela n'a l'air de rien, mais les implications de cette nuance pourraient être lourdes de conséquences.

Puisque la différence est relative à des objets que l'on compare tandis que la diversité peut n'être relative qu'à un seul et même objet il en résulte que deux hommes offrent des différences alors qu'un seul homme offre de la diversité.

La préférence de l'époque va de plus en plus nettement à la diversité au détriment de la différence pour la raison que cette dernière comporte un danger sous-jacent qui consiste à comparer et potentiellement à exclure. Faire un éloge de la différence serait une façon de valoriser implicitement ce qui sépare et c'est là que le terrain devient glissant, encore quelques pas dans cette direction et l'on en viendrait à louer les inégalités, chose absolument inconcevable en république de France. Alors va pour la diversité...

Bien entendu, quand on entend louer la diversité aujourd'hui, tout le monde pense à la différence, mais cette diversité se veut une espèce de différence d'un genre nouveau, absolument égalitaire et expurgée de tout risque discriminatoire.

16 juillet 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Guerre

Figurine

« D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitise et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre » (Lettre de Saint Jacques)

Le christianisme pose la question de la responsabilité individuelle même lorsqu'il s'agit d'actions collectives comme la guerre. Le foyer de la guerre est en nous, il est dans tous ces démons qui grouillent dans nos cœurs : le ressentiment, la jalousie, la convoitise, ces démons auxquels nous essayons de donner une apparence respectable. 

La conquête de la paix commence par un combat intérieur, ce qu’exprime admirablement cette phrase de Madeleine Delbrêl : « Apprends l’art de la guerre sur toi, sur les autres l’art de la paix ».


Le recours à la légitime défense par la force militaire est un cas tout à fait particulier dont les conditions sont clairement définies par l’enseignement de l’Eglise :

  • Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.
  • Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.
  • Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.
  • Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer » (Catéchisme de l’Eglise catholique)

 Répondre à la violence par la violence est donc une possibilité qu’il ne faut jamais exclure sous peine de montrer une coupable faiblesse. Une des plus grandes figures de la paix du siècle passé ne disait pas autre chose :

« S’il fallait choisir entre la faiblesse et la violence, il vaudrait mieux être violent » Gandhi

 

16 juin 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Suicide

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Les Epicuriens permettent le suicide et y voient un complément à leur morale. La seule fin de l’homme étant le bonheur ou l’espérance du bonheur, la mort devient un bien pour qui souffre sans espoir de rémission ; se donner volontairement la mort est un dernier acte de bon sens.

"Mourir, il n’y a pas de quoi rire, il n’y a pas de quoi pleurer " Epicure

Pour les Stoïciens, l’homme diffère de la brute en ce qu’il dispose souverainement de sa personne ; ôtez-lui ce droit de vie et de mort sur lui-même, vous le rendez esclave des hommes et des événements.

"Hommes libres, sachez vous maintenir libres ! Libres de vos passions en les sacrifiant aux devoirs, libres de vos semblables en leur montrant le fer ou le poison qui vous met hors de leurs atteintes, libres de la destinée en fixant le point au-delà duquel vous ne lui laissez aucune prise sur vous, libres des préjugés en ne les confondant pas avec les devoirs, libres de toutes les appréhensions animales en sachant surmonter l’instinct grossier qui enchaîne à la vie tant de malheureux ". Zenon

Pour les chrétiens, quitter la vie par découragement équivaut à une abjuration de la foi à laquelle le Christ a donné pour fondement ces paroles : "Heureux ceux qui souffrent ! ".

Le courage qu’un homme déploie en se tuant contient sa propre condamnation, quand il se sent la force de mourir, il doit avoir celle de lutter

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15 juin 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Race

Sujet délicat qu'il convient d'aborder avec prudence. Alors que la sexualité est dévoilée jusqu'à l'extrême, la filiation reste cachée dans l'ombre ; le sperme est partout, mais les liens du sang nulle part. En faisant "tomber des tabous" on en fabrique simultanément d'autres ; la race est de ceux-là.

Race

Pourtant les considérations raciales n'ont jamais cessé d'être au coeur des plus anciennes civilisations ; même si elles n'étaient pas nécessairement traduites dans le droit positif, il en subsiste quelques traces écrites.

Chez les hébreux d'abord, qui retinrent les leçons de leur première captivité à Babylone au cours de laquelle ceux de Samarie se laissèrent assimiler et disparurent. Sous la conduite d'Edras, ceux de Juda se donnèrent une loi raciale très stricte et toujours en vigueur interdisant les mariages mixtes: «Tu ne donneras pas ta fille à leur fils et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils » (Deut. VII, 3)

Chez les Grecs ensuite, pour lesquels la conception de la citoyenneté était purement ethnique car il fallait être né de père et de mère athéniens pour être citoyen, règle commune à toutes les cités. C'est ainsi que se perpétua la distinction entre Grecs et Barbares que l'on retrouve dans La République de Platon aussi bien que dans la Politique d'Aristote:

"Les peuples grecs diffèrent des barbares par la race et le sang" Platon, La République

"Est aussi un facteur de sédition l'absence de communauté ethnique...Car de même qu'une cité ne se forme pas à partir d'une masse de gens pris au hasard, de même ne se forme-t-elle pas dans n'importe quel espace de temps. C'est pourquoi parmi ceux qui ont, jusqu'à présent, accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux ou pour les agréger à la cité, la plupart ont connu des séditions" Aristote, Politique.

Les races naissent et disparaissent, mais la notion en elle-même n'en demeure pas moins valide si on l'entend comme un lien de sang et de tradition. La race est constitutive d'un individu au même titre que la culture et la religion, elle ne saurait toutefois être un absolu car nul homme ne se réduit à cela.

12 mai 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Humanité

La notion d'humanité est riche de sens et surtout très vaste. L'humanité est une chose que l'on conçoit difficilement, une chose vague et incolore, mais à laquelle nous sommes attachés, car il faut bien que tout ce ramassis de bric et de broc tienne par un bout quelconque.

L'humanité est aussi une qualité que l'on reconnaît dans l'expression « faire preuve d'humanité » et qui s'étend aux oeuvres humanitaires.

Celui qui apporte son aide humanitaire veut notre bien au nom d'une conception de l'homme, de la justice, de la société qu'il affirme à travers ses actes humanitaires. Peut-être que son but ultime n'est pas tant de nous faire du bien que d'affirmer ses valeurs ; en fin de compte, les opérations humanitaires ne sont-elles pas avant tout des opérations visant à promouvoir un certain type d'humanité ? L'être humanitaire fait un acte de foi en l'homme qui se fait au détriment de Dieu, il transforme l'humanité en une divinité nouvelle dont le culte se veut universel.

Et pourtant, les hommes font preuve d'humanité aussi bien dans le crime que dans la vertu.

03 mai 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Famille

Famille3b L'analyse sociale qui consiste à prendre l'individu comme étalon à l'aune duquel tout se mesure me semble être une approche faussée et pernicieuse des relations humaines. Non pas que l'individu doive être privé de toute considération, il bénéficie à son niveau de droits spécifiques et inaliénables que la raison ordonne, mais en faire le socle de la société à partir de quoi le reste se subordonne me paraît bien hasardeux.

L'individu n'est-il pas plutôt un aboutissement qu'un commencement ? Ne devient-on pas un individu en suivant un cheminement depuis l'enfance jusqu'à l'âge d'homme ?

Si l'on doit trouver une cellule de base à la société, la famille me semble bien plus adaptée à ce rôle, d'abord parce qu'elle est en soi une micro-société, et ensuite parce qu'elle est un trait d'union entre la personne humaine et la société.   

L'homme est un animal social, il vaut mieux éviter de l'isoler artificiellement de son milieu par une opération mentale abstraite pour lui faire jouer un rôle qui dépasse de très loin sa mesure.

03 mai 2008 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

HLM

 

Une question : pourquoi les banlieues ethniques sont-elles si sales, si déprimantes ? Deux réponses me viennent à l'esprit, l'une d'ordre économique et l'autre d'ordre sociologique.

La première explique ce phénomène par un effet pervers du logement social. Il n'y a pas si longtemps, les immigrés d'origine italienne, espagnole ou portugaise qui travaillaient dans le bâtiment et vivaient dans les banlieues se construisaient eux-mêmes leur propre maison le week-end, avec l'argent durement gagné pendant la semaine. C'était une fierté d'avoir sa maison à soi, faite de ses mains de maçon.

Au contraire, le logement social qui tombe tout droit du ciel ne saurait susciter aucune fierté et par conséquent aucune volonté durable d'entretien chez les immigrés récents.

La seconde explication est plus difficile à entendre, mais je m'y risque. Si l'on compare les zones urbaines occupées par l'immigration issue du regroupement familial et celles où vivent encore majoritairement les français au sens ancien et étroit du terme, l'écart saute évidemment aux yeux; insalubrité dans les premières et relative propreté dans les autres.

En revanche, si l'on met en rapport l'état des lieux des cités avec ce qui s'observe dans les pays d'origine de cette immigration là, l'écart disparaît et l'on comprend que ces populations ont tout simplement reconstitué à l'identique leur façon d'occuper l'espace et qu'ils continuent à se ressembler à eux-mêmes bien plus qu'ils ne nous ressembleront jamais.


A l'aune de cette petite analyse, il convient de relativiser le grand refrain entonné par certaines bonnes consciences au sujet de  "la montée des inégalités" ; rien n'a monté, on compare simplement des éléments que l'on ne comparait pas auparavant, tout en se gardant bien de le préciser.
 

15 décembre 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Education nationale

"L'école publique étant une conception maçonnique à base d'anticléricalisme, il s'ensuit plusieurs conséquences:

  • L'instituteur est le prêtre laïque qui doit lutter contre l'influence du prêtre catholique.

  • Les catholiques doivent être impitoyablement écartés de l'enseignement public [...]

L'éducation maçonnique de la jeunesse est la pierre angulaire de la République, c'est d'elle que dépend l'avenir de la République, bien entendu telle que la Franc-Maçonnerie l'entend. On ne doit pas l'abandonner à l'autorité des familles.

Et ainsi se lie au problème fondamental de la sauvegarde de la Démocratie, celui de l'éducation collective qu'on ne saurait abandonner à la seule autorité des familles [...]

Et cette école laïque doit être prolongée de telle sorte que l'enfant y demeure jusqu'à 15 ou 18 ans, afin d'être soustrait plus longtemps à l'emprise cléricale. L'idéal serait de le maintenir de la naissance au régiment dans l'ambiance laïque exclusive par l'établissement d'un réseau serré d'oeuvres scolaires et postscolaires qui encerclerait toute sa vie de travail et de loisir. Il faut développer en lui le fils de l'homme ou plus exactement le citoyen de la république maçonnique, et détruire le fils de Dieu " [...]

Extraits des Convents du Grand Orient, 1926,1928,1929.


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04 décembre 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Indulgences démocratiques

L'indulgence des régimes démocratiques à l'égard du communisme et la pudeur avec laquelle sont évoqués les crimes dont cette idéologie s'est rendue coupable partout où elle a conquis le pouvoir ne laisse pas d'étonner les esprits.

On entend souvent dire que c'est l'application qui en a été faite qui est condamnable, tandis que l'idéal communiste reste immaculé, comme en suspens, quelque part au milieu des idées platoniciennes de bien et de beau, drapé dans ses oripeaux de vertu impeccable avec le mot égalité au bord des lèvres.

Pour bien comprendre le phénomène, il faut le mettre en parallèle avec le sort que les démocraties ont réservé à son concurrent, le national-socialisme, qui lui aussi, quoi qu'on en dise, était fondé sur un idéal ayant pour ambition de relever le genre humain : la pureté.

Les crimes raciaux dont cette idéologie s'est rendue coupable ont trouvé de nombreux juges aussi impitoyables que possible ; mais le processus est allé encore plus loin car la notion même de pureté a été mise en procès, au point qu'il est difficile de parler d'une âme pure ou d'un langage pur sans être aussitôt suspecté de purisme, suspicion annonciatrice d'une faute plus grave, le racisme sous-jacent de tout puriste.

En revanche, la notion d'égalité n'a jamais été remise en cause pour elle-même, bien au contraire, elle reste un idéal à atteindre. Pourtant, les crimes respectifs du nazisme et du communisme sont numériquement incommensurables : moins de dix millions d'un côté, plus de cent de l'autre. Qu'importe !

Il n'y aura jamais de procès véritable du communisme pour la simple raison que ce dernier partage avec les régimes démocratiques son idéal égalitaire, et que ce faisant, les démocraties auraient vraiment trop l'impression de se juger elles-mêmes. Ce qu'elles ne font jamais.

11 novembre 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Droits de l'homme

 

Pour la première fois dans l'histoire, l'humanité s'est dotée d'une religion dépourvue de transcendance, une religion qui tire sa justification d'elle-même, ce sont les droits de l"homme.

La religion des droits de l'homme puise sa force dans une logique d'accroissement naturel ; plus il y a d'hommes, plus les droits de l'homme se gonflent et en imposent, compensant ainsi leur vide essentiel par des considérations numériques et trouvant dans l'expansion démographique planétaire, bientôt huit milliards d'individus, une sorte d'assise tranquille qui suggère que la valeur est dans le nombre.
On ne comprend pas la religion des droits de l'homme si l'on n'a pas à l'esprit que c'est une religion de la quantité.   

                                        

30 octobre 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Le village universel

" Je pense que la société métissée va vaincre, qu'elle a pour une grande part déjà vaincu. Je pense que la France sera bientôt un quartier comme un autre du village universel, avec, pour mettre les choses au mieux, un dosage ethnique et culturel peut-être original. De même qu'ont été progressivement et plus ou moins heureusement intégrés les juifs, beaucoup moins étrangers toutefois à notre culture ancienne, de même seront intégrés les musulmans, les Arabes et les Noirs. Mais ils ne seront pas intégrés aux Français de souche, et les Français de souche ne seront pas intégrés à eux : tous seront intégrés ensemble à une société et peut-être une civilisation qui est en train de naître sous nos yeux, et que nous voyons déjà à l'oeuvre dans les banlieues, les lycées, les discothèques et les films publicitaires."

" Cette société est pour moi sans charme, et certes réciproquement. Je ne suis pas capable de l'aimer, elle n'est pas capable de me comprendre c'est moins grave pour elle que pour moi. Son apparition, qui n'est que celle, presque normale, quoique un peu précipitée, du futur, m'attriste moins que la disparition du monde ancien, ce monde français, au sens étroit désormais, qui est celui qui m'a nourri, pour lequel j'avais été préparé, et que je trouve éteint lorsque arrivé à l'âge mûr je pouvais espérer me fondre harmonieusement en lui. Peut-être devrons-nous fonder, par nostalgie, et par désir de nous comprendre encore, une amicale des " Vieux Français ", comme il y eut en Russie les " Vieux Russes "... " 

Renaud Camus; La Campagne de France


16 septembre 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Dans la tête d'un progressiste

Cerveau Une suite de slogans n'a jamais constitué une pensée, et pourtant, c'est à peu près à ceci que se résume l'armature intellectuelle du cerveau progressiste : des formules incantatoires ressassées  de génération en génération et vidées de leur sens, des fragments de citations, des résidus de cours de lycée imprégnés de marxisme.  En  voici un petit bréviaire :

«Ecraser l'infâme» (Voltaire): petit cri de ralliement de tous les anticléricaux de France. Ça fonctionne encore pour ceux qui s'imaginent que le pouvoir est toujours dans le goupillon.

«L'administration des choses remplacera le gouvernement des personnes» (Saint-Simon): grand succès chez les polytechniciens et les constructeurs de chemins de fer. Eloge de la bureaucratie et du pouvoir dépersonnifié, puis déshumanisé.

«La souveraineté n'est que l'exercice de la volonté générale» (Rousseau): idée maîtresse de la république qui ignore les corps intermédiaires pour valoriser la société de masse et son citoyen abstrait.

«La propriété, c'est le vol» (Proudhon): programme politique égalitaire fondé sur la spoliation.

«La vie sera commune» (Fourier): suite du programme politique. L'idéal du phalanstère évoque la nostalgie d'un mode de vie primitif et égalitaire.

«L'homme naît bon et c'est la société qui le corrompt» (Rousseau): aux sources de l'angélisme et de l'idéal de prévention au détriment de la répression. Puisque tous les maux sont d'origine sociale, ils nécessitent un traitement socialiste. Rejet du péché originel, la faute n'est plus dans l'homme, elle est dans l'autre.

« L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes des classes » (Marx): culte du ressentiment rebaptisé «révolution» pour la bonne cause. Ce que je ne peux pas atteindre ou posséder, je le détruis. La guerre civile devient un moteur de l'histoire.

Et le meilleur pour la fin «L'extension des privilèges des femmes est le principe général de tous progrès sociaux» (Fourier), énorme foutaise reprise par Aragon «La femme est l'avenir de l'homme», elle même reprise par Jean Ferat, puis en choeur par des milliers d'abrutis. 

Où l'on voit que c'est dans le laboratoire progressiste qu'a été forgé l'homme sans qualité et sans virilité.

En fin de compte, depuis longtemps déjà la religion n'est plus l'opium du peuple. L'a-t-elle jamais été? La religion aide les hommes à vivre et les prépare à mourir. L'opium du peuple, c'est l'utopie.

30 août 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Assimilation


Non contente d'avoir pillé les biens de l'Eglise, la république laïque française a pris l'habitude de s'attribuer les mérites de cette dernière, notamment en ce qui concerne l'accueil des étrangers et leur francisation. Elle se vante aujourd'hui de ses prétendues réussites d'hier  ; pour mieux conjurer le mauvais sort, elle fait des incantations : "assimilation! assimilation!".

Claude Allègre, dans son dernier livre intitulé 10+1 questions sur l'école, brise en partie le mythe :

"Au risque de heurter, je dirais qu'ils (les immigrés) avaient avec le pays d'accueil un patrimoine commun: le catholicisme. Les prêtres ont joué un rôle très important dans l'intégration des enfants qui allaient au catéchisme et y recevaient un enseignement sur des bases communes aux petits français, qu'on le veuille ou non".

Depuis que l'Eglise n'a presque plus aucun rôle dans l'éducation des jeunes générations, on peut maintenant observer ce dont est réellement capable la république laïque avec les enfants, et en particulier ceux de l'immigration. Ce qui laisse songeur.

Il serait même possible d'aller plus loin, en disant que l'Eglise n'a pas un si grand mérite, puisqu'il suffisait aux immigrés d'antan, polonais, italiens et autres, de rester eux-mêmes pour se faitre accepter, en adoptant la langue de leur pays d'accueil et en travaillant au mieux. La notion d'acclimatation semble mieux convenir à l'effort réel qu'ils ont eu à fournir, plutôt que ce mot un peu trop chargé d'assimilation.

Sans doute vaut-il mieux vaut laisser l'utopie assimilationniste aux républicains.

29 août 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les immigrationnistes, héritiers du colonialisme

Il est assez frappant de retrouver dans le discours des individus, associations ou partis favorables à l'immigration de masse les mêmes arguments ou plutôt croyances qui ont servis jadis à justifier la colonisation.

On retrouve cette idée naïve qu'une prétendue supériorité culturelle et morale de l'occident se répandrait comme par contagion aux peuples conquis, et que de la même façon l'immigré ne manquerait pas de devenir un bon Européen, quelle que soit son origine et sa provenance, par le simple fait d'être plongé dans le milieu social ambiant.

Derrière ce credo naïf, c'est une partie de l'universalisme des Lumières qui refait surface puisque l'homme est envisagé comme partout égal à lui-même et donc interchangeable ; c'est l'homme générique et abstrait que l'on cherchera toujours en vain. La question du rapport à l'autre se réduit à son aspect social, sans prendre en compte la culture, la religion, la race.

Le "sous-développé" se développera par la force des choses selon les règles du progressisme social en vigueur : il deviendra un bon citoyen et payera ses impôts, s'acquittera de ses cotisations  sociales, fera même beaucoup d'enfants pour pallier le déclin démographique. Et aussi, il financera nos vieux jours de retraité. Et il dira merci.

Cette naïveté qui ressemble à s'y méprendre à de la bêtise ne s'exprime désormais plus de façon aussi abrupte, et rares sont ceux parmi les immigrationnistes qui font encore l'apologie de l'assimilation. On préfère parler d'intégration des différentes communautés que le pays d'accueil est sommé de recevoir dans le plus grand respect de leurs traditions respectives. Certains parlent de "communautarisme", d'autres "d'apartheid mou". On pourrait aussi dire "colonisation à rebours".

21 août 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Identité

Identite " Le monde que l'on nomme cultivé est victime d'une grave erreur sur la vie humaine et sur les conditions de son évolution éclairée, lorsqu'il se met à choyer l'idée que, parce que nous sommes tous des hommes, peu importe à quel peuple nous appartenons et quelle langue nous parlons.

On ne saurait rien imaginer au monde de plus faux, car sur notre Terre où nulle feuille n'est pareille à une autre et où l'on ne peut mener deux chevaux de la même façon, seule une sagesse démente prétendrait que l'on peut traiter tous les hommes de la même manière, alors que bien au contraire la diversité est l'un des biens suprêmes de la nature humaine.

En dépit de cela, le siècle dernier a considéré que l'excellence de la culture consistait à nier les différences entre Anglais, Allemands et Scandinaves. Il en est résulté qu'aussitôt l'on a perdu la notion de ce qui distingue un sage d'un sot, l'intelligence du sentiment, voire l'homme de la femme.

Mais la vraie culture doit s'en tenir à ceci: de même que la vie s'est développée dès l'origine à partir des deux éléments masculin et féminin, l'humanité s'est divisée en peuples très différents, dont chacun parlait sa propre langue et montrait de nombreux traits qui lui étaient essentiellement propres. D'autant plus courageusement un peuple défend ses particularités, d'autant mieux la vie générale peut se déployer dans toutes les directions, et d'autant plus féconde sera l'influence que chacun pourra exercer sur les autres. "

Nicholas Grundtwig, écrivain et pasteur danois 1783-1872.

02 juin 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Communautarisme

Le communautarisme n'est rien d'autre qu'une forme d'enracinement identitaire et local.

Cet enracinement peut être légitime s'il concerne des communautés dont les traditions séculaires sont en harmonie avec la civilisation dans laquelle elles sont implantées et à laquelle elles ont contribué ; on peut parler d'identité régionale plutôt que de communautarisme.

En revanche, cet enracinement devient problématique s'il concerne des communautés dont les traditions, aussi respectables soient-elles, sont trop éloignées de la civilisation au sein de laquelle elles se sont implantées ; loin d'enrichir la culture du pays où elles font souche, elles ne font que se substituer à celle-ci et qu'en précipiter le reflux. En multiculturalisme, comme en cuisine, il y a des mélanges qui ne prennent pas.

Aussi vaudrait-il mieux parler dans ce cas précis de colonisation et non de communautarisme.

12 mai 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Colonialisme

 

Le colonialisme n’est pas la colonisation. 


La colonisation européenne correspond à une période de l’histoire dont il appartient aux historiens de montrer la richesse et la complexité ; le colonialisme, quant à lui, est une idéologie. Une idéologie socialiste, donc regrettable, pour plusieurs raisons :

Le colonialisme est une idéologie socialiste, dans le sens où il est le résultat d’une tradition étatiste et interventionniste. En effet, Le colonialisme est une extension géographique de l’appareil étatique, extension qui débute sur une base d’abord interne alors que l’Etat colonise peu à peu des pans entiers de la société civile ; puis externe, bien au-delà de ses frontières.

Jules20ferry

La France ne s’est pas enrichie en exportant son modèle et traîne la facture de la colonisation au nom de la théorie de la « dette », à la fois morale et économique, largement propagée par les idéologues socialistes qui veulent faire payer aux français les conséquences de leurs propres erreurs. La France est aujourd’hui en voie d’indigénisation accélérée.

Les plus ardents défenseurs du colonialisme furent des socialistes, à l’instar de Jules Ferry, prompte à vouloir diffuser les « lumières » au reste du monde. Seuls les peuples les plus arriérés se sont laissé éblouir. 


Non content d’exporter l’Etat providence, le colonialisme s’inscrit dans la continuité idéologique de l’universalisme illuminé de la Révolution. L’universalisme est une névrose qui consiste à vouloir transformer les autres ; contrairement à la tradition qui consiste à se cultiver soi-même. Le colonialisme, au mépris des identités, a corrompu la psyché des peuples conquérants et a abruti les peuples conquis.


28 janvier 2007 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Tradition

Si l’on vous reproche d’être trop attaché à des traditions surannées, ne vous laissez pas intimider. Vous savez bien que la tradition, loin d’être cette vieille lune poussiéreuse et nostalgique, est l’âme vivante d’un peuple, la défense immunitaire contre toutes les entreprises du pouvoir et de l'Etat.

Vos contradicteurs ne manqueront pas de vous présenter l’attachement aux traditions comme un réflexe dénué de sens, allant à l’encontre de la raison et de l’intelligence, il ne serait pas étonnant que l’on prononçât le mot "obscurantisme" pour vous effrayer davantage. Ne cédez pas!

Vous savez bien en votre for intérieur que si une tradition a traversé les siècles sans qu’on y ait radicalement porté atteinte, c’est qu’elle n’est pas absurde au regard de l’évolution, sinon vous ne seriez même pas là pour en discuter. Une tradition mauvaise ou perverse ne peut perdurer indéfiniment, ou bien elle entraîne le peuple qui l’a adoptée au fond du gouffre jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Si la tradition paraît absurde, c’est au regard de l’idéologue moderne, l’ennemi de l’évolution, et l’ami sincère de la décadence et du nihilisme.

04 juillet 2006 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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