Le féminisme comme régression sociale
La répudiation est une tradition vivante dans le cadre de certaines cultures, elle consiste en une rupture du mariage par la volonté unilatérale de l'époux. Pratiquée jadis dans le judaïsme, pratiquée encore de nos jours dans l'islam, cette coutume a été remise en cause par le christianisme qui a contribué à favoriser le sort des femmes mariées en apportant deux conditions majeures ; d'abord la monogamie ensuite la sécurité garantie par un devoir d'aide et d'assitance auxquels s'engagent les époux.
C'est ainsi que naguère un homme marié, qu'il fût fidèle ou pas, ne pouvait décemment pas larguer les amarres pour laisser sa famille livrée à elle-même, c'eût été une désertion aussi scandaleuse que celle qui consiste à fuir un champ de bataille et c'eût entraîné une perte de respectabilité très dommageable pour lui.
Grâce au combat féministe, la répudiation est redevenue une coutume admise au nom de l'égalité des sexes. Certes, elle a pris d'autres formes plus encadrées, mais elle est de retour. Que les hommes y trouvent leur compte va sans dire, c'est la raison pour laquelle ils ont toujours applaudi le féminisme, pressentant qu'il y avait là une bonne occasion de se défaire de ce qui avait été un privilège et qui n'était plus perçu que comme un fardeau, comme une trop grande responsabilité.
On voit donc de plus en plus souvent des femmes esseulées avec des enfants à leur charge, pas d'homme, et parfois une situation professionnelle précaire. Il reste l'Etat protecteur qui allonge la monnaie pour palier l'assistance défaillante d'un géniteur qui n'est plus pourvoyeur. C'est une victoire du féminisme.
Le féminisme comme avatar du marxisme
Le marxisme en tant que doctrine économique est périmé, mais en tant que philosophie, on n’en finirait pas de faire l’inventaire des domaines où il a essaimé, disséminé ses métastases. La grille de lecture marxiste est ajustable à loisir et permet une interprétation toute faite des rapports sociaux, il suffit de recycler les concepts et de redistribuer les rôles.
Ainsi en est-il du féminisme : l’homme, de préférence européen et catholique, est très crédible dans le rôle du bourgeois exploiteur, tandis que la femme trouve naturellement sa place comme substitut du prolétariat opprimé. Pour introduire un dynamisme à l’ensemble, le principe de guerre des sexes fait office de lutte des classes. Une fois que les pions sont en place, la comédie progressiste peut commencer, et conformément à la logique marxiste, elle ne s’achèvera qu’avec l’avènement d’une société asexuée, ou post-sexuelle, débarrassée de toute forme d’oppression phallocrate.
Alors seulement, devant la créature geignarde et apeurée que l’idéologie féministe aura si bien contribué à engendrer, les femmes se lamenteront, mais un peu tard : « où sont les hommes ? »


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