Le Réactionnaire Authentique

Etre réactionnaire, c'est comprendre que l'homme est un problème sans solution humaine.

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Salut à toi, Bretagne

 
Salut à toi, Bretagne, ô pays que saint Yves,
Saint Corentin, saint Pol et Sainte Anne on Béni !
O pays des chansons et des âmes naïves !
O pays des clochers et des fronts de granit!
Salut à toi, Bretagne, ô pays des calvaires !
O pays des Pardons mystiques et joyeux,
Des durs ajoncs masquant les douées primevères,
Et des sourcils froncés sur la douceur des yeux!
Salut à toi, pays des menhirs gigantesques,
Des vieux druides levant vers Dieu leur front chenu,
Des lourds dolmens, couchés par des mains titanesques,
Comme des sphynx muets au seuil de l'Inconnu !
Salut à toi, pays des candides prières,
Ou l'ajonc desséché que l'on brûle, le soir,
Fumant droit vers le ciel, au-dessus des chaumières,
Semble le pur encens d'un immense encensoir !
Salut à toi, pays des fontaines sacrées
Dont, seul, un vrai Breton comprend le double babil,
Dont les tendres chansons à peine murmurées
Nous hantent toujours sur les routes de l'exil !
Salut à toi, pays taillé comme un navire,
Dont Rennes est l'arrière et dont Brest est l'avant,
Vaisseau toujours battu qui jamais ne chavire,
Et que ne font trembler la houle ni le vent !
Salut à toi, pays des fines coiffes blanches,
Des femmes au front pur, au cœur fier, à l'œil bleu,
Dont le torse impeccable ondule sur les hanches,
Tel un bateau qui tangue et roule un tant soit peu !
Salut à toi, pays des rivières charmantes :
Isole, Iroise, Elle, Scorf au nom si câlin,
Odet capricieux, Vilaine aux eaux dormantes,
Rance dont on baigna le front de Du Guesclin !
0 pays des marins aux robustes épaules,
Laboureurs de la mer aux labours incessants,
Dont les socs éventreùrs ont, entre les deux pôles,
Creusé tous les sillons de tous les Océans !
Salut à toi, salut, terre sainte chérie !
A ton seul nom, je pleure et ris comme un dément!
Nul pays n'est aimé comme toi, ma Patrie ! 
Nulle mère adorée autant que toi... Maman !
 
THEODORE BOTREL

21 novembre 2009 dans Du sublime et du beau | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

Tyrannie de la multitude

 

Le peuple doit être contenu par la loi et ne doit surtout pas faire la loi, au risque d'être plus tyrannique que n'importe quel tyran unique, voilà la belle leçon de Cicéron que je transcris ici :

" Il n'est point d' Etat auquel je refuse plus nettement le nom de chose publique qu'à celui qui est placé tout entier dans les mains de la multitude. Il ne nous paraissait pas exister de république dans Agrigente, dans Syracuse et dans Athènes quand les tyrans y dominaient, ni à Rome sous les décemvirs. Je ne vois pas comment le nom de république pourrait se placer davantage au milieu du despotisme de la multitude : d'abord parce que [...] il n'existe point de peuple pour moi s'il n'est contenu par le lien commun de la loi. Hors de là, cet assemblage d'hommes est tyran aussi bien qu'un seul homme et même tyran d'autant plus odieux qu'il n'est rien de plus terrible que cette bête féroce qui prend la forme et le nom de peuple. "

Ciceron, La République.

15 novembre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les lobbies homosexuels

 

Au nom de la souveraineté que chacun exerce sur lui-même et au nom du libre arbitre, l'homosexualité est parfaitement tolérable, y compris si on la considère comme une altération des fonctions sexuelles portant atteinte à la dignité morale de celui ou de celle qui s'y adonne. Chacun compose comme il peut avec sa conscience et il n'appartient pas au pouvoir politique de vouloir la perfection de l'homme, au contraire il lui appartient de garantir sa liberté de choix et donc sa responsabilité morale. Au pire, tout homme a l'entière liberté de porter atteinte à sa propre dignité à condition qu'il n'implique pas les autres, contre leur gré, dans ses choix de vie.  

Tout irait bien si la situation s'en tenait à ce sage équilibre, mais alors que le pouvoir s'était bien gardé de toute ingérence dans les moeurs homosexuelles, ce sont des lobbies homosexuels qui ont investi le pouvoir pour faire valoir leurs intérêts fractionnaires ; ce n'est pas l'intérêt général qui est convoqué pour opprimer une minorité, c'est une minorité qui tente de faire passer, par la force, son intérêt particulier pour l'intérêt général. Il est facile pour qui sait s'organiser en régime démocratique de créer des mouvements d'opinion et d'avilir le pouvoir pour l'exercer à son profit, au détriment d'autres groupes ou de la société entière. C'est exactement ce qui se passe lorsque des revendications sont faites par des lobbies et reprises par des partis politiques en vue de normaliser les comportements homosexuels et de légiférer pour les faire accepter comme des normes. Ici le pouvoir est investi, la force coercitive de la loi est utilisée pour faire violence à l'ensemble de la société et lui faire admettre comme des normes un ensemble de comportements qui de fait n'appartient pas à la norme, mais à certains individus et certains groupes.

En utilisant l'appareil d'Etat à leur profit, en influençant le pouvoir législatif, les lobbies homosexuels ne se contentent plus de garantir leur liberté, ils portent atteinte à la liberté de conscience d'autrui par le biais de la contrainte légale ; tout le monde est obligé de voir en l'homosexualité une norme et de reconnaître aux couples homosexuels les mêmes droits que ceux dévolus aux hommes et aux femmes mariés. Depuis qu'une institution distincte de l'Etat ne dicte plus la norme, depuis que le pouvoir de l'Eglise est battu en brèche, l'Etat laïque est le siège de conflits d'intérêts qui lui ôtent sa prétendue neutralité et lui font édicter des normes totalement subjectives, souvent associées à des autorités administratives de surveillance en amont et à un arsenal répressif en aval, afin qu'aucun délit d'opinion ne reste impuni. L'homophobie, concept nouveau crée pour l'occasion, intimide les consciences, tandis qu'un parfum d'inquisition flotte dans l'air du temps.

 

 

07 novembre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)

Identité nationale


Si l'on éprouve de si grandes difficultés à définir ce qu'est l'identité nationale aujourd'hui, c'est peut-être parce que ces deux notions ne se confondent pas. Auparavant, les Français s'unissaient autour du roi, c'étaient des individus qui apportaient leur concours à un chef aimé et respecté. La conscience de la communauté était liée à un sentiment d'association, mais le sujet à l'égard du roi était un autre que lui, soucieux de réserver ses droits ; l'identité n'était pas absorbée par le pouvoir, elle se tenait face au pouvoir dans sa diversité. 

Depuis la Révolution, les hommes s'unissent dans la nation comme des membres d'un tout, la nation n'est pas un autre, c'est un tout qui englobe le sujet. La conscience de la communauté n'est plus liée à un sentiment d'association mais à un sentiment d'appartenance ; elle est une appartenance au pouvoir, absorbée par lui, c'est-à-dire par l'Etat français. C'est l'Etat qui définit l'identité française et au vu du caractère très hétérogène de la nation, il doit prendre le plus petit dénominateur commun. Evidemment on prise peu les origines mais plutôt le but poursuivi, le vivre ensemble, on évoque le ciment républicain dont la substantifique moelle se trouve dans l'art de vivre français : congés payés, réduction du temps de travail, trente-cinq heures, sécurité sociale...le régime républicain fabrique de l'identité à base de rafistolage, de colmatage à la truelle.

Et où est donc passée l'identité ? Eh bien justement dans tout ce que l'Etat se garde d'évoquer, dans l'attachement au patrimoine, l'héritage culturel et religieux, l'enracinement historique, autant de mots qui passent pour inconvenants au prétexte qu'ils sont fort discriminants.

L'identité, la vraie, échappe au pouvoir malgré lui, et c'est ce qui lui fait peur.

04 novembre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Etat laïque, Etat magique

 

Les origines du pouvoir plongent leurs racines dans des profondeurs où la magie tient une grande part ; les hommes des sociétés primitives, peu enclins au rationalisme, étaient portés à voir derrière toute manifestation concrète une cause invisible, une puissance occulte. Dans ces sociétés, celui qui connaissait la volonté des puissances occultes, celui qui savait quand et à quelles conditions elles seraient favorables au groupe pouvait s'assurer un prestige et une domination, il avait du pouvoir. Depuis ces temps obscurs, quiconque représente le pouvoir hérite par suite d'un certain prestige magique, c'est dans cette logique que l'on a prêté aux rois le pouvoir de guérir les écrouelles ou d'apaiser l'épilepsie.  

Le principe du pouvoir magique est la crainte, son rôle social est la fixation des coutumes, aussi est-il puissamment conservateur, c'est une force de cohésion du groupe et de conservation des acquis sociaux, celui qui l'ignore prend le risque d'attirer sur lui la colère des puissances invisibles ; au contraire, celui qui s'y soumet gagne paix et sécurité.

On aurait tort de croire que les choses ont fondamentalement changé au prétexte que les monarchies sont tombées et que le pouvoir s'est dépersonnalisé, quand bien même les individus en charge de gouverner n'ont plus aucun attribut sacré, les hommes transposent à l'Etat impersonnel quelque vestige de leurs révérences ancestrales ; c'est la raison pour laquelle toute velléité de porter atteinte à des acquis sociaux, de modifier un tant soit peu les services publics ou de réformer la sécurité sociale se heurte immédiatement à des réactions d'hystérie collective proches de la transe. Pour s'en convaincre, il faut avoir assisté à un mouvement social où les slogans cégétistes se mêlent au rythme lancinant et abrutissant des tams-tams : c'est la vox populi qui défend ce qui lui apparaît comme sacré.

 

02 novembre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Féminisme

 

Le féminisme comme régression sociale

La répudiation est une tradition vivante dans le cadre de certaines cultures, elle consiste en une rupture du mariage par la volonté unilatérale de l'époux. Pratiquée jadis dans le judaïsme, pratiquée encore de nos jours dans l'islam, cette coutume a été remise en cause par le christianisme qui a contribué à favoriser le sort des femmes mariées en apportant deux conditions majeures ; d'abord la monogamie ensuite la sécurité garantie par un devoir d'aide et d'assitance auxquels s'engagent les époux.

C'est ainsi que naguère un homme marié, qu'il fût fidèle ou pas, ne pouvait décemment pas larguer les amarres pour laisser sa famille livrée à elle-même, c'eût été une désertion aussi scandaleuse que celle qui consiste à fuir un champ de bataille et c'eût entraîné une perte de respectabilité très dommageable pour lui.

Grâce au combat féministe, la répudiation est redevenue une coutume admise au nom de l'égalité des sexes. Certes, elle a pris d'autres formes plus encadrées, mais elle est de retour. Que les hommes y trouvent leur compte va sans dire, c'est la raison pour laquelle ils ont toujours applaudi le féminisme, pressentant qu'il y avait là une bonne occasion de se défaire de ce qui avait été un privilège et qui n'était plus perçu que comme un fardeau, comme une trop grande responsabilité. 

On voit donc de plus en plus souvent des femmes esseulées avec des enfants à leur charge, pas d'homme, et parfois une situation professionnelle précaire. Il reste l'Etat protecteur qui allonge la monnaie pour palier l'assistance défaillante d'un géniteur qui n'est plus pourvoyeur. C'est une victoire du féminisme.

 

Le féminisme comme avatar du marxisme

Le marxisme en tant que doctrine économique est périmé, mais en tant que philosophie, on n’en finirait pas de faire l’inventaire des domaines où il a essaimé, disséminé ses métastases. La grille de lecture marxiste est ajustable à loisir et permet une interprétation toute faite des rapports sociaux, il suffit de recycler les concepts et de redistribuer les rôles.

Ainsi en est-il du féminisme : l’homme, de préférence européen et catholique, est très crédible dans le rôle du bourgeois exploiteur, tandis que la femme trouve naturellement sa place comme substitut du prolétariat opprimé. Pour introduire un dynamisme à l’ensemble, le principe de guerre des sexes fait office de lutte des classes. Une fois que les pions sont en place, la comédie progressiste peut commencer, et conformément à la logique marxiste, elle ne s’achèvera qu’avec l’avènement d’une société asexuée, ou post-sexuelle, débarrassée de toute forme d’oppression phallocrate.

Alors seulement, devant la créature geignarde et apeurée que l’idéologie féministe aura si bien contribué à engendrer, les femmes se lamenteront, mais un peu tard : « où sont les hommes ? »

 

02 novembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2)

La république romaine

 

La révolution qui a liquidé la royauté dans la Rome antique a été motivée par des intentions tout à fait contraires à la Révolution française. La république romaine, fondée sur les décombres de la royauté, est une création aristocratique et sa raison d'être est profondément inégalitaire.

L'aristocratie romaine devait maintenir sa situation de quasi-indépendance, de quasi-égalité avec le roi mais aussi de supériorité et d'autorité vis-à-vis de la plèbe. Or le pouvoir royal, dans un élan naturel, cherchait à étendre son influence et par suite à rabaisser les patriciens en trouvant dans la populace, populations vaincues comprises, un heureux concours. Pour grandir, le pouvoir royal devait affaiblir les cadres aristocratiques en s'aidant des exclus, plébéiens de toute origine, soit nationaux, soit vaincus.

La révolution qui a liquidé la royauté avait pour but d'empêcher deux phénomènes concomitants : l'élévation politique du roi et l'élévation sociale de la plèbe. La république romaine a été fondée pour défendre une hiérarchie sociale.

Certes, le populus a chassé la roi, mais par populus on entend alors exclusivement les patriciens, ceux qui appartiennent aux trente curies, groupement de familles nobles, lesquelles sont représentées dans le Sénat, assemblée des patres.

Le mot patria qui a donné patrie évoque les intérêts communs des pères et des familles nobles qui leur sont attachées. A l'inverse, quand on veut désigner l'ensemble des Romains, on dit populus plebisque, le peuple et la plèbe, qui n'est donc pas le peuple.

Quant à la res publica, qui a donné la république, ce sont les intérêts communs avancés par une société d'aristocrates dont les membres, populus,  se maintiennent entre eux. De quoi faire frémir nos jacobins révolutionnaires français.

 

31 octobre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Le roman national


On conçoit spontanément le pouvoir comme une émanation de la nation alors que c'est l'inverse, le pouvoir est antérieur à la nation et celle-ci n'a pris naissance que tardivement, et pour cela il aura fallu passer par trois étapes essentielles : la centralisation monarchique, la Révolution, et le travail des historiens du XIXe siècle. C'est ainsi que la nation est devenue un ensemble social régi par une même autorité politique.

Habituellement l'addition des individus ne produit qu'une somme arithmétique et non pas un être d'une espèce différente, toutefois, grâce à la longévité du pouvoir monarchique, le patriotisme a pris naturellement au fil des siècle la forme de l'attachement à une personne. A la Révolution, le roi disparu mais l'appareil d'Etat subsistant, la force qui devait le mouvoir ne pouvait être imaginée que comme une volonté, celle d'une personne abstraite substituée au monarque : la nation. C'est ainsi que la marque des siècles et la pente naturelle des sentiments fit prendre à la nation française le caractère et l'aspect d'une personne.

Ce sont les historiens du XIXè siècle qui ont tissé ensuite le roman national ayant compris que l'histoire n'est attachante que si elle est l'histoire de quelqu'un, et comme les personnages concrets meurent en laissant de grandes discontinuités, l'histoire de France est devenue la biographie de la personne nation, qui à l'instar des héroïnes de mélodrame, suscite à l'heure dite le champion nécessaire. C'est ainsi que l'art des historiens du XIXè siècle transforma un conquérant rapace comme Clovis en serviteur du vivre ensemble de la nation française.

30 octobre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

L'Ecclésiaste traduit par Renan

 

Il y a un temps pour tout, et chaque chose sous le ciel a son heure :

Temps de naître et temps de mourir,
Temps de tuer, temps de guérir,
Temps de planter, temps de détruire,
Temps de bâtir, temps d'arracher,
Temps de gémir, temps de danser,
Temps de pleurer et temps de rire.

Temps d'assembler les blocs, temps de les disperser,
Temps d'aimer les baisers et temps de les maudire,
Temps de poursuivre un rêve ou de se l'interdire,
Temps d'aimer un objet, temps de le repousser.

Temps où l'on coud, où l'on déchire,
Temps où l'on parle, où l'on se tait,
Temps où l'on hait, où l'on soupire,
Temps de guerre et temps de paix.

Que reste-t-il donc à l'homme, des peines qu'il a prises ? J'ai vu toutes les occupations que Dieu a données aux fils d'Adam pour qu'ils s'y abrutissent. Il a fait toute chose bonne à son heure ; le monde, il le déroule devant les hommes, mais de façon que, d'un bout à l'autre, ils ne puissent rien comprendre à ses desseins.

Donc, conclus-je alors, il n' y a qu'une seule chose bonne pour l'homme, c'est de se réjouir et de goûter le bonheur pendant qu'il vit. Oui, quand un homme mange, boit, jouit du bien-être acquis par son travail, cela est un don de Dieu. Je vis clairement que tout ce que Dieu a fait restera éternellement tel qu' il l'a fait. Rien n'y peut être ajouté ; on n'en saurait rien retrancher. Tout cela, Dieu l'a fait pour qu'on le craigne. Le passé a existé dans un passé antérieur ; l'avenir a déjà été ; Dieu recherche, pour le faire être encore, ce qui semblait avoir fui pour jamais.

Traduction : Ernest Renan (1823-1892).

 

30 octobre 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Frontières


Evoquer une identité nationale, je crois que c'est un abus de langage, ça n'existe pas. Non, ce qui existe c'est la nation. Et ce n'est pas près de disparaître. Tout est une question d'échelle, que ce soit pour la nation, la communauté, la famille, il faut simplement un dénominateur commun, fût-il infime, pour que ça se justifie. Simplement parce qu'on ne peut pas toujours dire "je" et que l'on a besoin de dire parfois aussi "nous". C'est humain. C'est comme ça.

Et pourquoi ne pas englober toute l'espèce humaine dans ce "nous" fraternel me souffle une petite voix doucereuse à l'oreille ? parce qu'il serait bien pénible de devoir parler toujours au nom de l'humanité, un vrai cauchemar. Ou plutôt, une farce.

Déjà, dire "nous Français", ce n'est pas une sinécure.

 

28 octobre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Socialisme

 

Le socialisme est l'hypersocialisation de l'homme, il n'envisage pas l'homme autrement que dans sa dimension sociale et le réduit à cela.  Le socialisme passe nécessairement par une socialisation des biens qui préfigure la socialisation des personnes. La négation de la propriété privée en tant que besoin naturel de l'âme est l'instrument parfait de cette aliénation.

En régime socialiste, la vie individuelle est subordonnée au plus haut degré à la vie sociale. L'instinct social de l'homme est hypertrophié au point qu'il devient membre de sa société comme l'abeille l'est de sa ruche, dans la négation de sa personne et de son âme. Bien sûr, le socialisme est athée.

Le socialisme perçoit la société comme un organisme, il ne peut y avoir de droit objectif dans une telle société car dès lors que le droit est forgé par la société, il est toujours modifiable par elle à mesure qu'elle opère ses mutations.

Tout est social en régime socialiste : les droits sont sociaux, la sécurité est sociale, la justice aussi et il existe même des mouvements sociaux en lieu et place des grèves traditionnelles.

Historiquement, le socialisme a connu des variantes nationales et hitlériennes, internationales et staliniennes, bien d'autres encore. Partout, n'ayant à revendiquer aucun droit autre que celui qu'il se donne à lui-même, le socialisme au pouvoir a mis à l'index, souvent pour les anéantir, des catégories sociales dont la nature a été jugée antisociale.

Pour prendre un exemple actuel, il existe des plannings familiaux qui planifient l'élimination des foetus dans le ventre de leur mère avec la bonne conscience assurée d'avoir affaire à un non-être puisque non avenu au monde social.

 

 

20 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

La Chose publique des anciens

 

La lecture de l'essai de Bertrand de Jouvenel intitulé " Du pouvoir " m'a apporté un éclairage nouveau sur le concept républicain de Chose publique, la res publica latine.

J'en retiens quelques idées fortes, à commencer par le fait que la politique, ou plus largement le souci du bien commun, est antérieur à la construction d'un Etat.

Les citoyens qui ont des volontés et des forces particulières, catégorie étroite et aristocratique, mettent d'accord leurs volontés et puis mettent en commun leurs forces : décision et exécution. C'est précisément parce que tout repose sur l'accord des volontés et le concours des forces qu'on parle de "Chose publique ". Il n'y a de décision possible que celle sur laquelle se rencontrent les volontés, et d'exécution possible, faute d'appareil d'Etat, que par la coopération des efforts. L'armée n'est que le peuple en armes, les finances ne sont que les dons volontaires des citoyens. On comprend le sens très fort de la fameuse vertu civique romaine.

Enfin, il n'y a pas de corps administratif au sens moderne du mot " aucune fonction publique, dans la cité antique, n'est remplie par un professionnel tenant sa place du Pouvoir mais toutes sont pourvues par l'élection pour un court espace de temps, en général un an, et souvent - c'est  dit Aristote, la véritable méthode démocratique - par le tirage au sort. " Les chefs de groupe, les patriciens, constituent un ensemble politique qui se maintient pour avancer ses intérêts communs, res publica. On ne dit point l'Etat, on ne possède aucun terme qui signifie l'existence d'une personne morale distincte des citoyens.

Un tel régime a pu fonctionner par l'extrême cohésion morale de ses participants, c'est pourquoi on a pu dire que dans la république romaine, le gouvernement appartenait aux moeurs.  

 

13 septembre 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Dyslexie

 

Aujourd'hui, à l'école, les professeurs font de plus en plus d'exercices de recopiage au lieu de faire des dictées, ce qui consiste pour un élève de sixième, par exemple, à recopier un texte qu'il a sous les yeux sans faire de fautes. Et l'écrasante majorité des élèves d'une classe de sixième fait des fautes, simplement en recopiant.

Ce genre de constat vient immédiatement relativiser la querelle au sujet des méthodes d'apprentissage, qu'elles soient syllabiques ou globales, non que ces méthodes soient indifférentes dans leurs effets, mais parce qu'elles relèvent d'une approche purement technique. Or, le problème pourrait bien être ailleurs.

Ces enfants de onze ans environ s'avèrent incapable de transcrire sans fautes ce qu'il ont sous les yeux, ce qui montre qu'ils sont incapables de se concentrer durablement sur un objet qui fait appel à leur intellect. Leur cerveau semble fonctionner différemment, comme si les nouvelles technologies dont ils sont repus, les heures passées devant des écrans de télévision ou d'informatique, avaient rendu impossible la fixation nécessaire de leur esprit.

Chaque technologie apporte-t-elle sa propre pathologie ? Si c'est le cas, il semblerait que les pathologies des mondes virtuels se nomment dyslexie et dysorthographie.   

11 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Ecologie

 

" Si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme ne la mérite pas moins " a déclaré le pape Benoit XVI, opérant une révolution dans les esprits. Jusqu'alors, seuls les animaux et les végétaux pouvaient faire l'objet de principes de précaution écologique, tandis que les hommes, échappant comme par magie à la nature, étaient encouragés à expérimenter tout et n'importe quoi, spécifiquement en matière de moeurs. Le pape nous ramène à la raison.

La conception d'une humanité essentiellement dénaturée, n'ayant plus de compte à rendre qu'à ses propres artifices, a engendré une conception de la liberté comprise comme indétermination ; est libre celui qui refuse de se laisser enfermer dans une donne qui lui est antérieure, la créature libre est indéterminée et elle l'est indéfiniment, la société n'est plus qu'un terrain de jeu où les rôles sont interchangeables. La fausse liberté est facilement reconnaissable, elle entonne à tout propos le refrain de l'émancipation, et ce faisant, elle nie la finitude humaine.

Etonnamment, les premiers à se montrer sourcilleux en matière d'écologie, ceux qui n'hésitent pas à faire un lien entre la pollution, le réchauffement climatique, la fonte des glaces et la disparition des espèces, sont les derniers à envisager un lien entre certaines expérimentations sociales et la régression qui s'ensuit. A aucun moment ils n'envisagent qu'il puisse exister un lien entre des méthodes pédagogiques innovantes et une régression du niveau scolaire, entre " l'émancipation" de la femme, la dévalorisation de la masculinité, la monoparentalité, l'homoparentalité, la perte d'autorité, le crash démographique, l'explosion des familles, la mal éducation...

Il est toujours possible de contester ces liens, en l'occurrence, on n'invoquera même pas un simple principe de précaution, pourtant très en vogue quand il s'agit de défendre les ours polaires.  Mais " si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme ne la mérite pas moins " nous rappelle le pape, posant ainsi la première pierre d'une écologie de l'homme.

 

 

 

11 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Invasion

 

Dans les petites cités antiques, la liberté n'était pas celle des particuliers mais celle de l'ensemble, c'était une liberté collective ; quand on dit que les Athéniens étaient libres, il faut comprendre que leur cité était libre, c'est-à-dire que leurs représentants au pouvoir étaient libres de résister à d'autres peuples ou libres de les envahir.

A mesure que les cités se sont modernisées et complexifiées, la liberté est devenue progressivement plus individuelle, permettant aux particuliers de résister non plus tant à une menace extérieure qu'à leurs propres représentants au pouvoir, à l'intérieur.

Il s'ensuit logiquement que si les cités antiques étaient moins bien armées pour résister aux abus de pouvoir de leurs gouvernants, les cités modernes le sont moins pour résister à une volonté de puissance venue d'ailleurs.

Est-ce suffisant pour expliquer la facilité avec laquelle des colonies de peuplement s'installent un peu partout en Europe sans se heurter à une résistance significative ? On peut arguer que les Etats ont mis en place un système législatif inhibant, voire liberticide, dans l'intention de museler les populations natives et de prévenir toute forme de révolte. Certes, mais est-ce vraiment tout ? J'ai tendance à penser que non.

On ne peut envahir qu'un corps social conscient de lui-même, or il faut bien reconnaître qu'il n'y a plus rien à envahir de ce point vue, du fait de l'extrême diversification de la société actuelle et de son haut degré de complexité. On est bien loin de la petite cité antique dont l'homogénéité était partie intégrante de sa structure. L'envahisseur éventuel, quant à lui, peut de plus en plus difficilement faire masse, quel que soit son nombre, pour peser dans la balance des pouvoirs et imposer ses vues. Il n'a aucun butin à prendre puisque tout lui est donné, et avant qu'il ait le temps de comprendre, le voilà déjà titulaire d'un brevet de citoyenneté assorti d'une panoplie de droits civils et sociaux, qu'il finit d'ailleurs par revendiquer comme tout le monde, accomplissant ainsi la révolution mentale qui fait de lui une partie du tout.  

Reste à savoir jusqu'où ce processus peut aller, et si les bases du système sont suffisamment solides. Si les bases économiques permettent indéfiniment à des masses souvent indigentes de s'agréger au corps social, si les droits sociaux qui florissent avec les printemps correspondent à des réalités ou à des iniquités. Jusqu'où peut-on aller ? C'est ce que nous sommes en train d'expérimenter.

 

09 septembre 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

La conscription, un privilège démocratique

 

" De guerre en guerre, l'institution [la conscription] s'est aggravée : comme une contagion elle s'est propagée d'Etat en Etat ; à présent elle a gagné toute l'Europe continentale, et elle y règne avec le compagnon naturel qui toujours la précède ou la suit, avec son frère jumeau, avec le suffrage universel, chacun des deux plus ou moins produit au jour et tirant après soi l'autre, plus ou moins incomplet ou déguisé, tous les deux conducteurs ou régulateurs aveugles et formidables de l'histoire future, l'un mettant dans les mains de chaque adulte un bulletin de vote, l'autre mettant sur le dos de chaque adulte un sac de soldat : avec quelles promesses de massacre et de banqueroute pour le XXe siècle, avec quelle exaspération des rancunes et des défiances internationales, avec quelle déperdition du travail humain, par quelle perversion des découvertes productives, par quel recul vers les formes inférieures et malsaines des vieilles sociétés militantes, par quel pas rétrograde vers les instincts égoïstes et brutaux, vers les sentiments, les moeurs et la morale de la cité antique et de la tribu barbare, nous le savons et de reste. "

H. Taine : Les Origines de la France contemporaine.


30 août 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

La mystique de l'Etat souverain

 

La mystique de l'Etat souverain est à l'origine de la conception moderne de l'Etat, c'est une révolution qui s'est accomplie au cours du XVIIe siècle, bien avant la Révolution de 1789, et qui coïncide avec l'émergence d'un pouvoir de type absolutiste. Révolution, car elle remet en question l'ordre chrétien de la société médiévale, fondé sur un système de répartition des pouvoirs entre l'Etat et l'Eglise, où le pouvoir temporel est subordonné au pouvoir spirituel, où l'autorité est sanctifiée par la morale. Le pape est l'arbitre des conflits étatiques, et même si les tensions sont parfois vives, le principe n'est jamais remis en question, à tout le moins avant la naissance de l'absolutisme.

Contrairement à ce que l'on imagine communément, l'émergence de l'Etat moderne ne trouve pas son point de départ dans un processus de laïcisation tendant à l'autonomie du politique par rapport au religieux ; ce qui caractérise la genèse de l'Etat moderne, c'est une sacralisation de l'Etat qui passe par une revendication pour son propre compte des traits fondamentaux de la souveraineté romaine, des attributs spirituels et juridiques du Souverain Pontife. Les doctrines politiques du XVIIe siècle prétendent fonder en droit la souveraineté absolue du prince en répétant et en accentuant les principaux motifs de la théocratie pontificale centralisée et unifiée, et pour ce faire, elles ont élaboré une arme doctrinale originale : la théorie politique du droit divin. Cette doctrine politique, loin d'apparaître comme une survivance de l'ordre médiéval, constitue une pièce maîtresse dans l'élaboration du concept moderne de l'Etat souverain.

Concrètement, c'est à l'occasion des Etats généraux de 1614 qu'un manifeste des droits absolus du roi est proclamé dans l'article premier par des juristes étatistes :

" Le roi sera supplié de faire arrêter en l'assemblée de ses Etats pour loi fondamentale du royaume, qui soit inviolable et notoire à tous, que, comme il est reconnu souverain en son Etat, ne tenant sa couronne que de Dieu seul, il n'y a puissance en terre, quelle qu'elle soit, spirituelle ou temporelle qui ait aucun droit sur son royaume pour en priver les personnes sacrées de nos rois, ni dispenser ou absoudre leurs sujets de la fidélité ou obéissance qu'ils lui doivent pour quelque cause et prétexte que ce soit..."

Le caractère séditieux de cette déclaration réside dans l'immédiateté du pouvoir entre le roi et Dieu, ce qui n'a pas échappé aux jésuites de l'époque, qui l'ont vivement combattue, y voyant un avatar du gallicanisme. Dans l'ordre médiéval traditionnel, il existait une nécessité de médiation entre la volonté divine et l'autorité politique, il était assurément permis de dire que tout pouvoir venait de Dieu, mais cela ne signifiait pas que Dieu conférait immédiatement et formellement ce pouvoir au souverain, il fallait passer par le pouvoir spirituel incarné en l'Eglise et le pape, sinon le Dieu auquel il aurait été fait référence n'eût plus été qu'une abstraction sans corps. C'est en ce sens qu'on peut parler de révolution, car avec la théorie absolutiste du pouvoir, " la souveraineté n'est pas plus divisible que le point en géométrie " pour reprendre la célèbre phrase du juriste Cardin le Bret. Les républicains s'en sont souvenus lorsqu'ils ont proclamé leur république une et indivisible.

En termes clairs, cette exigence signifie que la politique de l'Etat ne passe plus par le contrôle moral du pape dont elle se veut indépendante, c'est à l'inverse le pouvoir spirituel qui sera de plus en plus subordonné au pouvoir temporel, comme le montre l'ingérence royale dans la nomination des évêques et le fait de donner ou non force de loi aux canons des conciles, selon la bonne volonté du roi. Cette politique de subordination du pouvoir spirituel au pouvoir temporel a trouvé son prolongement après la Révolution avec la pratique du concordat, toujours dans une logique de contrôle.

Les implications de cette rupture induite par la doctrine du droit divin sont conséquentes dans la mesure où le pape pouvait autoriser la désobéissance des sujets en cas d'oppression par un prince hérétique ou indigne. En identifiant la volonté royale avec la légitimité, le droit divin ne laisse plus aucune marge entre ce qui est légal et ce qui est juste, et en ne postulant aucune autorité concrète et incarnée qui soit extérieure au droit, il ne laisse pas de place à l'objection de conscience et à la désobéissance civile. Derrière la doctrine du droit divin telle qu'elle se présente en ce XVIIe siècle naissant, apparaît en réalité une des premières manifestations du positivisme juridique. Il est temps de se souvenir de l'étymologie du mot " absolu ", du latin " absolutus " qui signifie " détaché de ", car en effet, le prince est délié de l'obligation transcendante de la loi ; c'est l'avènement triomphal de la raison d'Etat, on voit que Machiavel est passé par là.

Les monarques de France n'ont pas été pour autant des despotes au sens fort du mot, c'est le XXe siècle, avec ses démocraties populaires, qui a accompli tout le potentiel criminel que recèle la conception absolutiste du pouvoir. Si nos bons rois ont été mesurés, c'est que le pouvoir spirituel, qui avait perdu son emprise sur la politique, avait gardé une emprise sur les consciences fortement imprégnées de christianisme, sans compter les droits coutumiers traditionnels qui garantissaient une sorte d'immunité à la société face aux ordonnances des hommes de l'Etat.

A la lumière de cette analyse, des événements historiques tels que la Fronde ou la Révolution deviennent beaucoup moins mystérieux et comme reliés par une continuité souterraine. C'est parce que la Fronde fut une restauration manquée que l'absolutisme trouva son accomplissement définitif dans la Révolution de 1789. La République se montre bien ingrate envers le régime louisquatorzien, elle lui a pourtant presque tout pris en se contentant d'absolutiser encore davantage l'Etat à travers deux étapes marquantes : d'abord le transfert de la souveraineté du prince à celle du peuple, substituant ainsi un crime de lèse-nation à un crime de lèse-majesté - il est à noter que les jésuites furent poursuivis pour ces deux motifs successivement avant et après la Révolution - toutefois, le peuple pardonne moins facilement que le prince et malheur aux minorités face à la masse souveraine ! ensuite le reniement total du pouvoir spirituel après sa subordination déjà acquise, l'Etat étant dorénavant assez souverain en lui-même pour se passer de toute référence, fût elle symbolique, à Dieu.

 

24 août 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

L'universalité du catholicisme à travers la Pentecôte

 

Catholique signifie " universel ", et ce sens est encore la source de bien des malentendus. On imagine parfois qu'il existe une accointance idéologique entre la religion catholique et la tendance à l'uniformisation mondiale. Quand j'écris "on", c'est en réalité pour désigner quelques esprits peu pénétrants ou peu renseignés sur le catholicisme.

La glossolalie, c'est-à-dire l'action de parler plusieurs langues, est au coeur du catholicisme et du christianisme en général. Deux épisodes bibliques fondamentaux expliquent ce phénomène, d'abord celui de la tour de Babel dans la Genèse, qui marque l'échec de la confusion des langues, puis celui de la descente de l'Esprit Saint sous la forme de langues de feu dans les Actes des apôtres :

 " Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer " (Ac 2, 1-4).

La fête de la Pentecôte, cinquante jours après Paques, est célébrée en mémoire de ce don fait aux apôtres de l'Esprit Saint, accompagné de la capacité de parler plusieurs langues pour répandre la bonne nouvelle. L'idée est simple : toute entreprise d'unification du langage et de la culture aboutit à une forme de totalitarisme, la parole doit donc circuler sous des langues, dialectes et patois variés, afin de rejoindre chacun dans sa langue, et non pas de l'assimiler à un modèle unique, aussi parfait soit-il.

Ce principe fut et est encore à la base de toutes les missions catholiques de par le monde, à travers lequelles les missionnaires cherchent à fonder des communautés essentiellement agricoles et indépendantes, et surtout respectueuses des identités. Le contraste avec le colonialisme est marquant, dans la mesure où ce dernier a fonctionné historiquement comme une extension géographique de l'appareil étatique combinée à un dynamisme centralisateur. " Nos ancêtres les Gaulois " récitaient en choeur les colonisés.  Drôle d'idée. Le contraste avec le mondialisme actuel et sa dynamique économique est tout aussi marquant.

L'universalité catholique est bien loin de l'universalisme républicain et du mondialisme marchand.

 

31 juillet 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Persécutions anticatholiques en France


Je ne vais pas évoquer les noyades républicaines, ni les éclatements de crâne républicains que les vendéens ont expérimenté à leurs dépens, mais la politique républicaine contre les congrégations à la fin du XIXe siècle.


Ces congrégations tenaient un secteur décisif de la vie sociale, celui de l'éducation, et puisqu'elles appartenaient au clergé régulier, elles se trouvaient hors du champ concordataire, si bien qu'elles échappaient au contrôle de l'Etat.

Après la défaite française de 1870 contre la Prusse, l'importance de l'enjeu éducatif devient un grand thème politique, il est question de formation civique, de construction de la nation et des citoyens ; il faut insuffler une vertu républicaine qui soit l'égale de la vertu prussienne, et les congrégations sont jugées trop molles, pas assez belliqueuses, on les soupçonne de complaisance vis-à-vis de certaines monarchies catholiques. Dont acte. Il fallait préparer psychologiquement des milliers de paysans, futurs conscrits, à aller se faire très égalitairement éclater la cervelle dans les tranchées ; on ne plaisante pas avec ce genre d'impératif démocratique.

De nombreux décrets sont pris à partir de 1880 contre les congrégations, tout un arsenal juridique anticongrégationiste est mis en place qui aboutira à l'interdiction faite aux ordres de participer à l'enseignement. Dans un glorieux élan de virilité républicaine, des expulsions sont ordonnées, le plus souvent à l'encontre d'établissements tenus par des soeurs, suivies par un exil à travers l'Europe qui n'est pas sans rappeler celui des protestants après la révocation de l'Edit de Nantes ou celui des religieux causé par la Révolution française.

Pour mettre le peuple de son côté, le régime républicain n'hésite pas à donner dans ce que l'on appellerait aujourd'hui du populisme, comme en témoignent ces propos de L. Gambetta au sujet des représentants de l'église catholique dont il dénonce l'esprit "vaticanesque, monastique, congréganiste et syllabique servi par une milice multicolore sans patrie" ( La République contre les Congrégations de Ch. Sorrel ). Les catholiques sont un Etat dans l'Etat, ils sont aux ordres de Rome, ce sont des apatrides. Des sous-juifs.

Aujourd'hui, les congrégations catholiques ne peuvent toujours pas accéder librement à un régime de simple personnalité civile, ce qui va à l'encontre des obligations élémentaires en matière de liberté religieuse. Plus amusant encore, en 1988, le Premier ministre Jacques Chirac a ouvert le dossier congréganiste à des groupements appartenant au culte bouddhiste pour qu’ils puissent demander le bénéfice du régime civil de la reconnaissance légale des congrégations religieuses. Ce qui est acceptable pour les bouddhistes ne l'est pas pour les catholiques.

Avec l'entrée en France des principes internationaux et européens de la liberté religieuse individuelle, tout espoir n'est cependant pas perdu. Les lois liberticides et iniques ne sauraient perdurer éternellement.





22 juillet 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

La privatisation forcée de l'enseignement religieux


Ainsi donc, il y aurait d'un côté les écoles publiques, gardiennes de la laïcité, et de l'autre les écoles privées, nécessairement confessionnelles. Curieuse conception de l'éducation.

Pourtant, de nombreuses écoles confessionnelles et souvent catholiques ont un personnel encadrant et enseignant très majoritairement laïque. On peut même trouver des écoles privées à vocation non confessionnelle et par conséquent entièrement laïques. Est privé tout ce qui n'est pas sous la tutelle administrative et financière de l'Etat, il n'y a rien de religieux par essence dans les écoles privées.

Mais en France, la privatisation forcée des écoles religieuses, qui fut accompagnée d'un verrouillage monopolistique garantissant à l'Etat la quasi-exclusivité de l'enseignement laïque, a abouti à une séparation inédite entre l'école "libre", où trouve refuge l'enseignement religieux, et l'école sans Dieu, dite "publique", presque entièrement aux mains de l'Etat.

Cette division est idéologique et artificielle : laïcs et religieux concourent à une mission civilisatrice où l'Etat n'a pas à s'immiscer.

21 juillet 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Dernier homme

" A peine sommes-nous au berceau, qu'on nous dote déjà de lourdes paroles et de lourdes valeurs : "bien" et "mal" — c'est ainsi que s'appelle ce patrimoine. C'est à cause de ces valeurs qu'on nous pardonne de vivre.

Et c'est pour leur défendre à temps de s'aimer eux-mêmes, qu'on laisse venir à soi les petits enfants : voilà l'ouvrage de l'esprit de lourdeur.

Et nous — nous traînons fidèlement ce dont on nous charge, sur de fortes épaules et par-dessus d'arides montagnes ! Et si nous nous plaignons de la chaleur on nous dit : "Oui, la vie est lourde à porter !"

Mais ce n'est que l'homme lui-même qui est lourd à porter ! Car il traîne avec lui, sur ses épaules, trop de choses étrangères. Pareil au chameau, il s'agenouille et se laisse bien charger.

Surtout l'homme vigoureux et patient, plein de vénération : il charge sur ses épaules trop de paroles et de valeurs étrangères et lourdes, — alors la vie lui semble un désert ! "

 F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

J'avais gardé un souvenir marquant de ce plaidoyer pour la légèreté, et je n'ai guère eu de peine à le retrouver sur la toile. Nietzsche prend parti pour le léger à l'encontre du lourd dans un élan révolutionnaire qui appelle à se délester des valeurs traditionnelles perçues comme autant de mythes incapacitants, d'entraves à la vie supérieure. C'est un Nietzsche bien peu conservateur que celui-là, qui prétend soulager les hommes du fardeau des valeurs morales héritées du christianisme, mais qui dans un même mouvement ôte aux hommes leur profondeur tragique et ouvre la voie à la légèreté hédoniste de masse  telle qu'elle triomphera plus tard.

Passage marquant à mes yeux, car si le philosophe a prophétisé le dernier homme, il lui a aussi bien préparé le terrain. 

20 juillet 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Le droit et la permission


La question du droit permet de distinguer deux types d'humanité, celle qui se demande ce qu'il est permis de faire et celle qui se demande ce qu'il est honorable de faire.

Dans le premier cas, on se préoccupe surtout du châtiment que l'on pourrait encourir en enfreignant une loi, on veut vérifier que l'on ne risque rien à faire telle ou telle chose, c'est l'inquiétude de l'enfant devant une autorité adulte, ou de l'esclave devant son maître.
Dans le second cas, c'est la préoccupation de bien agir qui soulève la question, on envisage l'action dans un esprit de justice en prenant garde de ne léser personne.

Nous sommes aujourd'hui enclins à comprendre la question du droit à la façon des enfants qui réclament la permission de faire quelque chose, signe d'une société régressive où le caprice civil est érigé en vertu face à un Etat bienveillant et nourricier.
C'est pour cette raison qu'un étudiant a parfaitement le droit de casser son université, un ouvrier son usine, un agriculteur la chaussée de sa commune, un employé SNCF sa voie ferrée et un banlieusard son propre quartier.


18 juillet 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

Le Dernier Dimanche

 

 " Plutôt que de faire ses courses comme chaque dimanche au centre commercial, un homme rendu à sa solitude par son divorce décide d'aller à la messe. Pendant un an, ce sceptique formé à la discipline la plus cartésienne ne manque pas ce rendez-vous hebdomadaire. Au retour, il note dans un journal ses réflexions, ses réactions et ses émotions.

Ce qui s'annonçait comme la simple chronique d'un dimanche de plus en plus menacé par le prosélytisme commercial se transforme en une belle aventure, en un grand roman spirituel et charnel. Une conversion qui ne sera pas celle que l'on croit. "

de Gaspard-Marie Janvier

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09 juillet 2009 dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le combat spirituel

 

" Pour conserver notre coeur dans une parfaite tranquillité, il est encore besoin de mépriser certains remords intérieurs, qui semblent venir de Dieu, parce que ce sont des reproches que notre conscience nous fait sur de véritables défauts, mais qui viennent en fait du malin esprit, selon qu'on peut en juger par les suites. Si les remords de conscience servent à nous humilier, s'ils nous rendent plus fervents dans la pratique des bonnes oeuvres, s'ils ne diminuent point la confiance qu'il faut avoir en la miséricorde divine, nous devons les recevoir avec actions de grâce, comme des faveurs du Ciel. Mais s'ils nous causent du trouble, s'ils nous abattent le courage, s'ils nous rendent paresseux, timides, lents à nous acquitter de nos devoirs, nous devons croire que ce sont des suggestions de l'ennemi, et faire les choses à l'ordinaire, sans daigner les écouter. " Lorenzo Scupoli, Combat spirituel.

 

Comprenons ceci : pour la personne de bonne volonté, ce qui est grave dans le péché n'est pas tant la faute en elle-même que l'abattement dans lequel elle se met. Celui qui tombe, mais qui se relève tout de suite n'a pas perdu grand chose. Il a plutôt gagné : en humilité, en expérience de la miséricorde. Celui qui reste triste et abattu perd bien davantage. Le signe du progrès spirituel n'est pas tant de ne plus tomber que d'être capable de se relever rapidement de ses chutes.

Jacques Philippe, Recherche la Paix et poursuis-la.

 

05 juillet 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

L'imposture antillaise

 

Il reste à la France quelques débris d'empire qu'elle n'a pas encore totalement fini de liquider, même si on parle enfin d'autonomie et de référendum en faveur de populations qui n'ont jamais été françaises que par suite de politiques économiques dévoyées.  L'économie politique a vocation à expliquer le fonctionnement des échanges, pas à les orienter, auquel cas elle se transforme en idéologie. C'est exactement ce qui s'est passé en ce qui concerne la genèse historique des colonies.

Les première colonies françaises sont l'aboutissement d'une orientation mercantiliste de l'économie qui se développa au XVIIe siècle et dont Colbert est devenu le symbole.  Le système mercantiliste repose sur la conviction que la puissance d'un gouvernement dépend de la quantité de métaux précieux en circulation à l'intérieur du pays, c'est pourquoi il s'agit de multiplier les réglementations et les taxes en vue d'empêcher les sorties de monnaie, et donc les importations, ce que l'on appelle aussi aujourd'hui le protectionnisme.

Dans la même optique, pour éviter les achats à l'étranger de produits de luxe, le premier d'entre eux étant le sucre coûteux en or et argent, les gouvernants français du XVIIe siècle octroyèrent des chartes et des privilèges fiscaux à des compagnies privées, comme la Compagnie des Iles d'Amérique, à charge pour elles de développer dans les colonies les plantations de sucre. C'est ainsi que sont nées ces colonies dont le corollaire au développement a été la fameuse traite négrière, aberration économique et morale, puisqu'elle réintroduisait une pratique de l'antiquité païenne au mépris du christianisme et de ses devoirs.

Ces gens là sont français depuis quatre siècles ! nous disent les nostalgiques, oubliant au passage que leur citoyenneté n'a été reconnue qu'en 1946, lors de la proclamation de la Quatrième République. Non, ils étaient esclaves, et puis sujets de l'Empire, c'est tout.

Plus tard, à la fin du XIXe siècle, d'autres errements idéologiques entraînèrent d'autres extensions impériales, c'était le temps des colonies républicaines, cette fois-ci : 

« Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France ». Léon Gambetta en 1872

« Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures »  Jules Ferry le 28 juillet 1885.

Loin de faire la fortune de la France, ces colonies furent un boulet économique (Empire colonial et capitalisme français : Histoire d'un divorce de J. Marseille). Mais créees plus tardivement, l'Etat français s'en est aussi détaché plus tôt. Pour les mêmes raisons économiques, mais également parce que l'identité française des colonies antillaises relève de l'imposture historique, il serait grand temps d'agir de même avec elles.

 

 

04 juillet 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Idoles

 

Que se cache-t-il derrière les idoles modernes ? Un début de réponse, peut-être, en se penchant sur les notions de liberté et d'égalité, si essentielles à nos constitutions.

La passion égalitaire ne vient peut-être pas d'une préoccupation vertueuse pour le bien commun mais plutôt d'une hantise de l'inégalité et de ses conséquences, parce que quand les inégalités apparaissent, les hommes deviennent dépendants les uns des autres, ils sont tenus par une chaîne de dépendances mutuelles, voilà sans doute ce qui fait horreur à l'individu moderne qui se veut autocratique.

Quant à la liberté telle qu'elle est entendue par les modernes, elle s'écarte nettement de la perception que pouvaient en avoir les anciens, notamment Aristote. Pour ce dernier, la liberté est subordonnée à la vertu sans quoi elle devient pure licence, excès et dérèglement ; en réalité, c'est l'exercice de la vertu qui libère les hommes. Au contraire, pour les modernes, c'est la liberté qui est censée rendre les hommes vertueux si bien qu'elle n'est plus subordonnée à rien d'autre qu'elle-même. On passe donc d'une liberté pour quelque chose ou liberté transitive, à une liberté pour elle-même ou liberté intransitive. C'est qu'il est insupportable à l'homme moderne que la liberté puisse dépendre de quelque chose de plus haut, ce serait lui assigner des limites. Là encore, derrière les belles valeurs se profile le même instinct de toute puissance divine, le fantasme de l'homme auto-législateur de sa propre vie, de ses lois et de ses valeurs.

29 juin 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

L'éducation selon Aristote

 

Les hommes, à ce qu'on prétend, deviennent et sont vertueux, tantôt par nature, tantôt par habitude, tantôt enfin par éducation. Quant à la disposition naturelle, elle ne dépend pas de nous évidemment ; c'est par une sorte d'influence toute divine qu'elle se rencontre dans certains hommes qui ont vraiment, on peut dire, une chance heureuse. D'un autre côté, la raison et l'éducation n'ont pas prise sur tous les caractères ; et il faut qu'on ait préparé de longue main l'âme de l'élève, pour qu'il sache bien placer ses plaisirs et ses haines, comme on prépare la terre qui doit nourrir le germe qu'on lui confie.

L'être qui ne vit que par la passion, ne peut pas écouter la voix de la raison qui le détourne de ce qu'il désire ; il ne peut même pas la comprendre. Comment retenir et dissuader un homme qui est dans cette disposition ? La passion en général n'obéit pas à la raison ; elle ne cède qu'à la force.

Ainsi, la première condition, c'est que le coeur soit naturellement porté à la vertu, aimant le beau et détestant le laid. Mais il est bien difficile qu'on soit dirigé convenablement dès son enfance vers la vertu, si l'on n'a pas le bonheur d'être élevé sous de bonnes lois. Une vie tempérante et rude n'est rien moins qu'agréable à la plupart des hommes, ni surtout à la jeunesse. Aussi, est-ce par la loi qu'il faut régler l'éducation des enfants et leurs travaux ; car ces prescriptions ne seront plus pénibles pour eux, quand elles seront devenues des habitudes.

Il ne suffit même pas que les hommes dans leur jeunesse reçoivent une bonne éducation et une culture convenable ; mais comme il faut, quand ils seront arrivés à l'âge viril, qu'ils continuent cette vie et qu'ils s'en fassent une habitude constante, nous aurons besoin de nouveau, pour atteindre ce résultat, du secours des lois. En un mot, il faut que la loi suive l'homme durant son existence entière ; car la plupart des hommes obéissent bien plutôt à la nécessité qu'à la raison, et aux châtiments plutôt qu'à l'honneur.

Aristote, "Du plaisir et du vrai bonheur" ; Ethique à Nicomaque.  

21 juin 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Homo, Bi, Trans...


Nous sommes sommés par la vox populi d'admettre des droits pour le moins fantaisistes revendiqués par des soi-disant minorités sexuelles, toujours plus visibles, et toujours avec le même argument asséné avec la dernière vigueur : reconnaissons-les, puisqu'elles existent ! Ce sont des faits, il faut se contenter de les constater et d'en prendre acte, car la société évolue, mon cher ami...

Pour en arriver là, il a fallu entretenir volontairement une confusion entre des modes de comportement et des genres, sans quoi ces nouvelles revendications n'eussent même pas été envisageables. Une inversion sexuelle partielle devient ainsi un nouveau genre appelé "bisexuel" tandis qu'une inversion totale, dont les causes psychiques ou physiologiques n'ont jamais été clairement énoncées, est attribué au genre " homosexuel ", comme si nous avions affaire avec un troisième sexe, pour paraphraser le titre d'un ouvrage célèbre.

Tenir des modes comportementaux pour des genres permet de créer artificiellement de nouvelles catégories juridiques, en d'autres termes d'adjoindre à ces comportements une personnalité morale, ce qui autorise ensuite des regroupements par association et pour finir, la revendication de droits inédits. Or, si l'on s'en tenait réellement à la constatation des faits, nous ne verrions derrière ces comportements que des hommes et des femmes, c'est-à-dire des personnes physiques qui n'ont rien de particulièrement spécifique, en tout cas rien qui mérite la création de nouveaux droits.

Oui, dira-t-on, mais et les transexuels alors ? Certes, le sexe d'un individu est constitutif de son identité et à ce titre on pourrait penser qu'un transexuel puisse revendiquer une identité à part entière et de nouveaux droits attachés à sa personne physique. Mais un transexuel est un homme qui se fantasme en femme, plus rarement l'inverse, à qui la science a permis de donner à son fantasme l'apparence de la réalité. Reconnaître son identité comme un fait, ce n'est pas reconnaître la réalité, c'est au contraire entrer dans son fantasme, et ajouter la manipulation sémantique à la manipulation chirurgicale.

On peut tolérer, dans une société libérale, tous ces comportements individuels, mais il n'est pas admissible qu'ils investissent le domaine du droit civil et qu'ils imprègnent l'esprit des lois pour entrer en concurrence avec les normes comportementales qui assurent à toute société sa survie et son avenir. Que la marginalité s'assume en tant que telle, qu'elle reste dans la marge, et jouisse paisiblement de la tolérance qui lui est gracieusement accordée.

 

03 mai 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)

Utilitarisme

 

Les tenants de la doctrine contractualiste affirment le caractère purement conventionnel du droit et de la société civile. Selon cette doctrine, la vie sociale est le fruit d'un calcul où les intérêts individuels sont avantagés de sorte que chacun y trouve son compte. La vie sociale, le droit et la justice, ne sont pas naturels, mais ils sont nécessaires et utiles.  

S'inspirant d'Aristote, le philosophe allemand Léo Strauss oppose à cette idée un brillant démenti dans son essai intitulé Droit naturel et histoire :

" L'homme est par nature un être social. Il est constitué de façon à ne pouvoir vivre qu'en société. Puisque la raison ou le langage le distingue des animaux et que le langage est communication, l'homme est encore plus social que les autres animaux sociaux : l"humanité est socialité. L'homme se réfère à autrui, ou plutôt lui est référé dans chacun de ses actes, qu'il soit social ou anti-social. Sa socialité ne procède manifestement pas d'un calcul du plaisir qu'il escompte de la fréquentation d'autrui ; au contraire il se plaît en société parce qu'il est par nature social. L'amour, l'affection, l'amitié, la pitié lui sont aussi naturels que le souci et le calcul de son propre bien. C'est sur la socialité naturelle de l'homme que repose le droit naturel au sens étroit de l'expression. Parce que l'homme est par nature social, la perfection de sa nature inclut la vertu sociale par excellence, la justice : la justice et le droit sont naturels "

Léo Strauss ; Droit naturel et histoire.

 

12 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Hédonisme

 

L'hédonisme peut se présenter dans le meilleur des cas comme une philosophie héritière d'Epicure et de Lucrèce, mais force est de constater que sa version moderne s'accompagne d'une vulgarisation dont le principe se résume à l'identification du plaisir au bien, et que cette sorte d'hédonisme appauvrit considérablement les ressources morales humaines.

Le bien est ce qui nous fait plaisir ! clame l'hédoniste. Et il ne va guère plus loin. On pourrait l'aider un peu et lui suggérer que l'on peut distinguer parmi les plaisirs divers degrés de qualité, lui révéler qu'il existe peut-être une hiérarchie des plaisirs selon que l'on est homme ou âne, par exemple. Que notre constitution naturelle réclame une distinction entre les plaisirs bons et mauvais, entre ceux qui contribuent à une vie bonne où les inclinations naturelles de l'homme sont satisfaites chacune à sa place et ceux qui le perdent et l'enlisent dans toutes sortes d'excès qui lui sont préjudiciables au moral comme au physique.

Dans son Ethique à Nicomaque, le philosophe Aristote invite les hommes à placer leurs plaisirs et leurs peines dans les conduites adéquates, à les ressentir à bon escient " car celui qui sait bien user de ces deux sentiments sera bon, et le méchant sera celui qui en usera mal ". C'est ainsi que la distinction entre les bons et les mauvais hommes se retrouve dans le choix de leurs plaisirs.

Si le plaisir accompagne le bien, tout plaisir n'est pas pour autant un bien, loin s'en faut, c'est pourquoi il ne saurait être une quête en soi.

 " Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus " (Mt 6, 25-32)

12 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

RacismeS

 

La lutte actuelle contre le racisme n'est qu'une forme de racisme supplémentaire dans la mesure où elle laisse dans l'ombre certaines agressions qui ne rentrent pas dans le cadre de son idéologie.

Par exemple dans la video dont le lien est ci-dessous, on voit un homme se faire agresser et traiter de "Français de merde ", une telle insulte accompagnée de coups violents devrait entrer dans les critères de reconnaissance d'une agression à caractère raciste, et pourtant ce ne fut pas suffisant aux yeux des vigiles de l'antiracisme national pour qu'ils daignent appeler à la vigilance comme ils le font si volontiers en d'autres circonstances. Certes, cette video est controversée, ne serait-ce que parce qu'elle n'était pas destinée à être diffusée sur le web, toutefois ce genre de fait divers est banal, et c'est sur ce point que les associations antiracistes ne font pas leur travail puisqu'elles occultent la réalité des actes racistes, la réalité de leur nature et de leur fréquence.  A croire que la lutte contre le racisme n'est pas leur véritable préoccupation et que leur objectif est ailleurs.

L'humoriste P. Desproges avait jadis refusé d'adhérer à l'association SOS Racisme alléguant qu'il en serait membre le jour où l'on mettrait un "S" au mot racisme, car il le savait bien, le racisme n'est pas à sens unique. En vertu de quoi le serait-il ? On peut raisonnablement envisager autant de racismes possibles que l'on peut différencier de races, c'est une question de simple logique. Que la race soit un concept valide ou pas n'a en l'occurrence aucun rapport avec la réalité des racismes et de leurs manifestations noctures dans les bus de la RATP.

Lien : agression dans un bus de nuit

07 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Darwinisme

 

Darwin n'a jamais écrit que l'homme descendait du singe ; les poissons, les reptiles, les singes sont des animaux actuels et les hommes n'en descendent pas, ils ont des ancêtres communs avec eux, ce qui ne signifie pas grand chose dans la mesure où toutes les espèces actuelles ont une origine commune, elles appartiennent à une sphère globale de parenté.

En fait, les lignées évolutives ne sont pas entièrement linéaires,  il y a de nombreuses branches, comme pour un arbre. En poussant le raisonnement, on peut toujours retrouver un ancêtre commun, jusqu'à en trouver un à toute forme de vie. Après cet ancêtre commun dont on ne sait d'ailleurs rien, les lignées évoluent indépendamment, ce qui fait qu'à partir d'un certain niveau, le terme "ancêtre commun" perd de son sens.

Biologiquement, l'homme appartient au règne animal , il EST un animal qui a développé des aptitudes sociales et politiques, il en a aussi développé de spirituelles, celles-la même qui lui font reconnaître une intelligence divine au dessus de lui dont il porte l'étincelle fragile et éphémère. 

Darwin n'a jamais été fâché avec l'Eglise, il a d'ailleurs été enterré fort chrétiennement dans l'abbaye de Westminster.

La théorie de la sélection naturelle a fortement inspiré les penseurs du XIXe siècle, notamment ceux qui l'ont utilisée pour promouvoir un darwinisme social, accusant au passage le christianisme d'être responsable de la décadence en favorisant les tarés et les faibles en général. Mais ont-ils vraiment lu Darwin ? Ont-ils compris la sélection naturelle ? Dans La Filiation de l'homme, publié en 1871, le naturaliste anglais écrit les lignes suivantes :

" À mesure que l’homme avance en civilisation, […] chaque individu […] doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d’une même nation, même s’ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, seule une barrière artificielle peut empêcher ses sympathies de s’étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races."

 " La sélection naturelle, principe directeur de l’évolution impliquant l’élimination des moins aptes dans la lutte pour la vie, sélectionne dans l’humanité une forme de vie sociale dont la marche vers la civilisation tend à exclure de plus en plus, à travers le jeu lié de la morale et des institutions, les comportements éliminatoires. En termes simplifiés, la sélection naturelle sélectionne la civilisation, qui s’oppose à la sélection naturelle. "

Il y aurait donc une forme de vie sociale sélectionnée par le principe de l'évolution et qui tendrait à exclure de plus en plus les comportements éliminatoires ; toute ressemblance avec le christianisme n'est certainement pas fortuite... 

Finalement, ce sont plutôt les hérésies chrétiennes qui semblent contraires à la sélection naturelle ; prenons l'exemple du socialisme, il n'est en rien une forme de vie sociale puisqu'il est une émanation de l'Etat, en outre son principe collectiviste est par essence aveugle à toute morale, voire criminel, il devra donc disparaître du fait de son caractère nuisible et antisocial, après avoir été tristement expérimenté. Ou bien alors Darwin nous a vraiment raconté n'importe quoi.

 

05 avril 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Justice sociale


Qu'entend-on par justice sociale ? Il s'agit généralement d'un ensemble de mesures sociales coercitives destinées à empêcher ceux qui sont naturellement plus doués que les autres de tirer parti de leurs aptitudes, il s'agit de brider les dons individuels afin qu'ils ne puissent pas être cultivés à leur plus haut degré.

Derrière cette conception de la justice sociale, il y a un présupposé qui amène à considèrer que la répartition inégale des dons est une injustice commise par la nature en sorte que la société se doive de la réparer. Et c'est cela qui me semble contestable. En effet, un tel présupposé induit une vision atomisée et guerrière des rapports sociaux, une vision où chacun entre en conflit contre l'autre, ce qui implique la nécessité de partir avec les mêmes armes pour affronter son semblable dans la jungle sociale ; où l'on constate que l'égalitarisme est avant tout un individualisme.

A l'inverse, admettre les inégalités, c'est admettre que la nature fasse éclore les dons à des degrés variés afin de s'accomplir dans toute sa perfection mais aussi afin que chacun puisse s'accomplir en l'autre dans un lien de dépendance, une chaîne de solidarité ; c'est la célèbre théorie de l'inégalité protectrice chère à Maurras.

Il apparaît que la véritable justice sociale consisterait à donner de grandes facilités à l'individu doué pour que les autres puissent en fin de compte profiter à leur tour des fruits de son talent.  



28 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Du mal : ce qu'en pense le docteur évangélique

 

Le bien est ce qui est naturellement désirable, hors ce que désire la nature c'est son être et sa perfection.

Croire que le mal pourrait être le contraire du bien serait lui faire trop d'honneur, ce serait lui attribuer un être à part entière ; or le mal n'est justement pas un être. Le mal ne peut se définir en lui-même, il se définit négativement comme une absence de bien ou plutôt une corruption du bien. Le mal se trouve dans les choses à l'état virtuel puisque sa nature consiste précisément en ce qu'un être défaille à l'égard du bien.

Par suite, le docteur évangélique distingue deux types de maux : la peine et la faute ; la peine est une privation de forme ou d'intégrité qui serait contraire à la volonté, comme la cécité par exemple, tandis que la faute est un manquement volontaire " Car on impute à faute ce qui s'écarte de l'action parfaite dont l'agent est le maître par sa volonté ".

Pour comprendre comment un être peut s'écarter volontairement de l'action parfaite, il est nécessaire de méditer cette parole du Christ " Hors de Moi vous ne pouvez rien faire" et nous devons en être convaincu, tout le bien que nous pouvons faire ne vient pas de nous, notre aptitude au bien ne fera jamais de nous des hommes intrinsèquement bons car ce que nous avons en propre, c'est la faiblesse, pas la bonté.

Le fait que l'on puisse désirer volontairement le mal ne fait pas que le mal devient naturellement désirable, c'est plutôt le signe que ce désir prend sa source dans une nature corrompue. Il se peut même qu' à force de dégradation, une âme prenne le mal pour un bien " De même on pourrait ajouter indéfiniment péchés sur péchés, et ainsi affaiblir de plus en plus l'aptitude de l'âme à la grâce; car les péchés sont comme des obstacles interposés entre nous et Dieu " écrit Saint Thomas.

Si cette confusion venait à se répandre à la société tout entière, si l'encouragement de tout ce qui n'est pas naturellement désirable devenait institutionnel et prenait forme de publicités, de slogans, de revendication sociales et prenait appui sur divers lobbies ou autres subventions, alors il serait sans doute permis de parler de décadence et de douter sérieusement de l'avenir d'une telle société.

Mais ne soyons pas trop pessimiste, si le mal nous dégrade, il ne peut détruire complètement cette aptitude au bien qui reste la nôtre, car elle tient à notre nature.

 

 

22 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le préservatif en Afrique


Message d'un archevêque africain aux occidentaux : " Vous démissionnez de votre volonté, de l'engagement, de l'effort...je ne sais pas vers où vous allez "

 


Réactions des évêques africains
envoyé par KTOTV

21 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Du droit naturel aux droits de l'homme

 

Le droit naturel trouve sa source dans la connaissance de ce qui est essentiellement juste, c'est donc un droit interprétatif qui fait l'objet d'une démarche intellectuelle guidée par la faculté de raisonner, un droit qu'il faut traduire en lois mais qui préexiste aux lois. 

De la même manière c'est dans la nature qu'il trouve ses limites, conscient du caractère extrêmement diversifié de la nature humaine, il ne peut se traduire en tous lieux dans les mêmes termes de loi. Si le droit naturel peut être connu universellement par la faculté rationnelle des hommes, il ne se traduit pas dans des lois positives universelles. C'est pourquoi, si l'on devait établir des droits naturels valables pour l'ensemble de l'humanité, ils seraient nécessairement réduits à quelques points fondamentaux comme le droit à la vie, à la propriété et à la sécurité. Guère plus.

Le changement de détermination qui caractérise le passage aux droits de l'homme n'est pas insignifiant et encore moins innocent ; avec les droits de l'homme, il ne s'agit plus de rechercher ce qui est juste en soi, mais de satisfaire l'épanouissement sans frein de l'homme entendu comme une conscience capricieuse à qui il faut tout accorder. Le bon plaisir de l'homme sacralisé se décline en une spirale inflationniste de droits en tous genres et pour tous les genres, avec une totale subjectivité, mais aussi avec la folle prétention de se traduire dans des lois à caractère universel.  

Les droits de l'homme sont une religion de la quantité, sans autre centre de gravité que celui de la masse, et dont le credo pourrait se formuler ainsi : plus il y a d'hommes, plus il y a de droits de l'homme.

 

 

15 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tolérance

 

La tolérance est entendue comme le mot d'ordre fondamental de l'époque, c'est ce à quoi on ne peut déroger, sous peine d'ostracisme. En apparence, elle consiste à accepter tout et donc à ne rien discriminer, mais en réalité, comme tous les dogmes, elle a ses hérétiques que sont les "extrêmistes".

Selon la philosophie tolérantiste, l'extrêmiste n'est pas celui qui perd toute mesure, celui dont la raison s'égare, c'est simplement celui qui se croit capable de reconnaître ce qui est bon. Attention danger ! se dit le tolérantiste vigilant, l'épanouissement sans frein de l'homme pourrait s'en trouver incommodé...

La seule chose véritablement intolérable, en fin de compte, c'est que l'on veuille reconnaître un arbre à ses fruits au lieu de reconnaître l'égale valeur de tout.

 

 

15 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Immigration

 

L'immigration est souvent envisagée de façon idéologique et passionnelle, pourquoi ne pas y apporter un zeste de pragmatisme ? C'est en Suisse qu'il faut l'aller chercher.

Chez nos cousins helvètes, une distinction fondamentale est observée entre les citoyens résidents et les étrangers résidents, la présence de ces derniers relevant d'un simple droit d'habitation, lui-même subordonné à de strictes conditions où l'avantage de la collectivité est recherché.

En ce qui concerne l'obtention de la nationalité, elle se fait en deux étapes : d'abord il faut obtenir une autorisation fédérale, puis  le canton et la commune de domicile peuvent ajouter des conditions supplémentaires et fixer le prix de l’acquisition de la nationalité avant de l’approuver. Les conditions varient fortement d’une région à l’autre et peuvent parfois être très restrictives, certaines communes vont même jusqu’à faire voter la population locale sur l’octroi de la nationalité ; le coût varie également suivant la commune et le canton.

Quelle leçon en tirer ? A mon avis, que la gestion de l'immigration par un Etat souverain au niveau national est à proscrire, elle lèse une trop grande partie de la population et encourage l'irresponsabilité politique des gouvernants et des citoyens. 

Que les municipalités décident souverainement qui peut ou non entrer sur leur territoire, voilà qui encouragerait davantage l'implication de chacun dans la vie politique. 

 


12 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Langue française et langues de France

 

Présentation de l'éditeur



" Savez-vous que les Gaulois nous ont légué leur bagnole, que dire bizar en basque n'a rien d'étrange, qu'exit en catalan signifie succès ? Mais tout citer nous amènerait à point d'heure. On apprendra également que le basque est une langue plusieurs fois millénaire, que le breton est le dernier représentant des langues celtiques en Europe continentale, que les Francs ne parlaient pas le français, que les créoles de France sont issus du mariage entre le vocabulaire français et la grammaire africaine, que le gallo a su garder son passé simple et qu'en 1900, la plupart des Français étaient bilingues. Leur inscription dans la constitution a de nouveau placé les langues régionales sous le feu des projecteurs.

 

Pourtant, il y a un peu plus de deux cents ans, en 1794, l'abbé Grégoire prononçait son discours sur l'abolition des patois. Un siècle plus tard, les dialectologues Jules Gilliéron et l'abbé Rousselot annonçaient même la destruction "imminente" de ces langues. Malgré ces sombres prédictions, contre vents et marées, quelques-unes d'entre elles ont réussi à survivre, mais dans des conditions souvent précaires. Région par région, du basque au breton, du flamand au francique lorrain et à l'alsacien, du corse au catalan, des parlers d'oc à ceux d'oïl, en passant par les parlers francoprovençaux et les différents créoles, on retrouve dans cet ouvrage des éléments de l'histoire et de la géographie des langues qui ont fait la France: une image de la diversité linguistique du pays. A travers des exemples parlants, des jeux, des anecdotes, chacun s'amusera à retrouver la langue qu'il parle encore ou celle de son enfance. "


 

Langues de France 

 

Aventures et mésaventures des langues de France (Broché) de Henriette Walter

11 mars 2009 dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

L'Evangile selon St Matthieu de Pasolini

 

L'Evangile selon St Matthieu de Pasolini est un beau film sur Jésus, sans doute le plus beau à mon goût. Il fut tourné en 1964 dans les paysages de l'Italie du sud avec des acteurs non professionnels dont certains étaient sans doute des ragazzi, des mauvais garçons, car il en était friand ; mais qu'importe ! la Renaissance italienne était déjà pleine de ces mauvais sujets qui faisaient poser des gitons pour peindre la Sainte Vierge.

Ce qui frappe d'emblée, c'est le caractère brut de l'image en noir et blanc, sans recherche esthétique apparente tout en s'inscrivant dans un total respect du texte de St Matthieu. Ce serait presque académique s'il n'y avait ce rythme effréné dans lequel le jeune acteur qui incarne le Christ entraîne ses disciples et le spectateur, et cette alternance de plans d'ensemble et de plans rapprochés qui crée une impression de discontinuité tout au long du film. Le Christ vu par Pasolini est un marathonien, il marche sans cesse, interpelle, harangue et ne ménage personne. Sa parole est mise en valeur, c'est une solution active qui agit sur son milieu et c'est sans doute ce caractère révolutionnaire qui a séduit le cinéaste : "je ne suis pas venu vous apporter la paix, mais le glaive" est la phrase clé pour comprendre son film ; lors du sermon sur la montagne, Jésus est filmé en plan rapproché sans aucun contre-champs si bien que l'on ne voit jamais la foule à laquelle il s'adresse, ses mots sont véhéments et exigeants, ils s'enchaînent en rafales, c'est un chef qui parle. Combien est étroite la porte qui mène à Dieu et large le sentier de perdition est une chose dont on ne peut plus douter...

La bande son n'est pas pour rien dans l'émotion que suscite le film, elle alterne Bach, Mozart, des chants russes et congolais, car le message du Christ appartient à tout le monde. Ironie de l'histoire, Pasolini avait été exclu du Parti Communiste Italien en 1950, et son film lui valut le Grand Prix de l'Office catholique international du cinéma.

Evangile-st-mathieu_01 

La Passion de mel Gibson ne tient vraiment pas la comparaison. Cela commence par une scène de bagarre dans le jardin des oliviers où les disciples du Christ tentent d'empêcher son arrestation, avec arrachage et recollage d'oreille. Des apparitions diaboliques outrées et ridicules hantent le film, comme tout droit venues d'une série B horrifique, à quoi il faut ajouter les innombrables et interminables ralentis qui plombent le chemin de croix jusqu'au Golgotha. De la parole divine de Jésus, il ne reste rien ou presque, seul nous est offert son corps supplicié et trop humain. Et pourtant, Mel Gibson avait pour lui le plus beau Christ de l'histoire du cinéma, noble et racé, et surtout, il avait la foi. Il y a d'ailleurs, ça et là, quelques moments de grâce.

 

08 mars 2009 dans Du sublime et du beau | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Opium du peuple


La religion, opium du peuple ? foutaise marxiste ! L'opium comme toutes les drogues a pour effet d'isoler celui qui en est dépendant, de le replier sur lui-même en réduisant sa vie sociale au strict nécessaire. La religion, à tout le moins la mienne, a pour effet d'ouvrir celui qui s'y adonne aux vertus théologales que sont l' Espérance, la Foi et la Charité, autant de vertus sociales à l'inverse de l'opium qui est antisocial.

Ce ne sont pas les opiums de substitution qui manquent, et en ce qui concerne l'opium du peuple, inutile de le chercher très loin : télévision, internet, baladeurs en tous genres...les aliénés ne sont pas ceux que l'on croit.

 

 

08 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Altérité

 

A ceux qui attendent un secours de la religion chrétienne dans un combat de type nationaliste, il faut qu'ils sachent que leurs attentes seront déçues ; les tentatives de récupération politique de la parole du Christ sont vaines.

Il faut bien voir que Jesus est celui qui a dit à propos d'un centurion romain " Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. " Et il disait cela contre son propre peuple. Inutile de développer davantage.

Il existe un secret de polichinelle au sujet du déclin de l'Europe : quand bien même notre belle planète ne serait peuplée que de membres de notre famille, le rameau blanc de l'humanité, nous n'en serions pas moins en train de disparaître inexorablement. Le commandement biblique qui encourage les hommes et les femmes à croître et à multiplier n'est plus en vigueur dans nos contrées occidentales, et il n'est guère plus personne, excepté certaines familles traditionnalistes et souvent catholiques, pour continuer à suivre ce précepte. Un pays comme l'Irlande dont la déchristianisation a été plus tardive a pu retarder un peu son déclin, ce qui ne bouleverse pas la donne.

L'Autre n'est pas responsable de notre perte, c'est ce qu'il faut bien admettre. Une vie chrétienne n'a pas besoin de se défier de l'Autre, car une vie chrétienne est une vie fertile. Lorsque les Européens faisaient des enfants, ils n'avaient aucune raison de craindre ceux qui ne leur ressemblaient pas, ni même de craindre le métissage qui a toujours existé dans une certaine marge.

Ce sont les races stériles et à bout de souffle qui se retranchent derrière des lignes Maginot dérisoires, manifestant ainsi aux yeux du monde le peu de confiance qu'elles ont en elles. Car la race n'est rien sans le feu de l'esprit qui l'anime.

 

 

 

08 mars 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Jesus et le dieu des philosophes

 

Le dix-huitième siècle, qui se voulait une siècle d'intellectuels, a inventé le déisme, cette religion sans dogme, sans révélation, sans âme, où Dieu devient un Être suprême, une espèce de grand architecte à l'origine du monde. Un tel dieu est un principe philosophique, c'est pourquoi il est si éloigné du christianisme. Et c'est pourquoi ce n'est même pas une religion.

Le christianisme est la religion du Dieu incarné ; devenir chrétien, c'est faire une rencontre avec le Christ - celui qui dit dans les Evangiles " Suis-moi " -  et répondre à son appel, sachant qu'il nous suivra dans nos joies et nos peines autant que nous le suivrons dans la vérité. Jusqu'à la fin de notre vie terrestre.

 

07 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Peuple de vieux


" Ne vous mettez donc pas en souci en disant : Que mangerons-nous ? ou : Que boirons-nous ? ou : De quoi nous vêtirons-nous ? - tout cela en effet les païens le recherchent - car votre Père sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus. Ne vous mettez pas en souci pour demain, car demain aura souci de lui ; à chaque jour suffit sa peine " (Mt 6, 25-32) 

Cette parole évangélique étonne et choque, elle ne peut que troubler les petits gestionnaires que nous sommes, peuple de tristes vieux, planificateurs d'épargne de retraite et adorateurs de caisse de prévoyance ; et tout cela sans une once d'avenir.  

 

07 mars 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Science sans conscience

 

" Science sans conscience n'est que ruine de l'âme " écrit Gargantua dans la lettre de recommandations qu'il adresse à son fils Pantagruel, parti étudier dans les plus prestigieuses universités. Que de dissertations cette citation n'a-t-elle pas inspirées ! Le propos s'oriente habituellement vers les dangers de la tentation faustienne en matière scientifique avec des images de savant fou et des manipulations génétiques cauchemardesques.

Mais est-ce vraiment ce que Rabelais a voulu écrire ? D'abord le mot "science" issu du latin "scientia" désigne simplement le savoir, la connaissance ; ensuite il faut remettre la citation dans son contexte pour mieux la comprendre :

" Mais, parce que selon le sage Salomon sagesse n'entre point en âme malveillante et science sans conscience n'est que ruine de l'âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et, par foi formée de charité, être à lui adjoint en sorte que jamais n'en sois séparé par péché "  Pantagruel.

Ce que veut faire comprendre Rabelais à travers les paroles de son personnage, c'est que le savoir n'est pas bon en lui-même, et que l'accès au savoir ne peut être bénéfique qu'à la condition d'être subordonné à la morale. Notre époque qui présente l'instruction obligatoire comme un héritage de la pensée humaniste n' a finalement retenu qu'une partie du message humaniste, celle qui l'arrangeait.

 

25 février 2009 dans De la vertu | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Imbéciles

 

C'est une chose admise qu'il faille combattre les idées et non les hommes, mais lorsque certaines idées sont toujours revendiquées par des imbéciles, la tentation est grande de les mettre dans le même sac.

Faut-il s'en étonner ? De même que les jolies femmes tombent dans les bras des hommes qui ont une aptitude à la séduction, de même les idées absurdes échoient à ceux qui sont inaptes à la réflexion. Ce sont des affinités naturelles.


24 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Les démocraties populaires


Qu'est-ce que le populisme ? C'est l'appel constant à la rue pour s'opposer aux institutions et à leur fonctionnement. Force est de constater que c'est le recours favori de la gauche qui voit encore dans le "peuple" un guide messianique vers une société plus juste, une société sans classes, mais de manière plus marginale, c'est aussi l'espoir d'une certaine droite qui voit en lui la possibilité d'un renouveau nationaliste.


Le populisme est l'inclination naturelle de toute démocratie car il ne s'agit que d'une version radicale de la démocratie, qui assimile la loi à la légitimité, et la légitimité à la souveraineté populaire. Le peuple se donne à lui-même ses propres lois sans aucune référence extérieure ; il délègue sa toute-puissance à un homme généralement charismatique, issu de sa propre masse. Avec force sagesse, les dérives populistes se baptisent elles-mêmes "démocraties populaires". Sous ce beau vocable, elles peuvent faire des millions de morts lorsque la masse se retourne contre une de ses parties.

Dans un essai aussi drôle que brillant, Vladimir Volkoff expliquait pourquoi il était moyennement démocrate, et de montrer comment les dictatures d'essence populaire étaient toujours issues d'un régime démocratique antérieur. Aussi la démocratie n'est-elle aimable qu'à proportion de sa capacité à conserver en elle-même des éléments non démocratiques, ou pour mieux dire, aristocratiques. Sans quoi elle dégénère en populisme.

Montesquieu estimait quant à lui que le peuple avait toujours raison dans le particulier, mais que sa pensée ne pouvait s'élever au général, c'est pourquoi il fallait que le peuple eût du pouvoir, mais qu'il n'eût pas le pouvoir. Chose difficile à faire entendre.

Pour finir en beauté, voici une petite citation d'un philologue allemand, expert en populisme et en démagogie politique :

" Celui qui peut régner sur la rue règnera un jour sur l'Etat, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue " Joseph Goebbels.


20 février 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Un regard distancié


Vaclav Klaus, l'actuel président de la République Tchèque voit ainsi la France
:

 

" Quelle que soit mon affection pour la France, pour moi ce pays est davantage celui de Colbert que celui de Bastiat, de Fourier et Saint-Simon plutôt que de Jean-Baptiste Say et de Turgot, et de Sartre plutôt que de Raymond Aron "

Un regard distancié vaut parfois mieux que de longs discours.


18 février 2009 dans Du pouvoir | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Ordre naturel

Le droit naturel est synonyme de mesure, il est la discrimination de ce qui est juste. En tant que tel il ne peut pas être inventé car il existe en lui-même et préexiste donc à sa formulation dans le droit positif. Il s'oppose au positivisme dont le principe est de créer le droit à partir d'une volonté normative soi-disant éclairée.

La politique naturelle est fondée sur la conviction que les sociétés ne se font pas par la volonté des hommes, ou volonté générale, mais que c'est le temps qui les fait.  Cet ordre  naturel est le fruit de la sédimentation de pratiques et de coutumes librement consenties.

" Dans tous les temps, l'homme a voulu s'ériger en législateur de la société politique, et donner une constitution à l'une et à l'autre ; or je crois possible de démontrer que l'homme ne peut pas plus donner une constitution à la société religieuse ou politique , qu'il ne peut donner la pesanteur aux corps ou l'étendue à la matière, et que, bien loin de pouvoir constituer la société, l'homme par son intervention, ne peut qu'empêcher que la société ne se constitue, ou, pour parler plus exactement, ne peut que retarder le succès des efforts qu'elle fait  pour parvenir à sa constitution naturelle " Louis de Bonald Théorie du pouvoir poltique et religieux.

Ainsi l'homme ne peut constituer la société, il ne construit pas la société de manière abstraite ; le pouvoir doit laisser la société s'organiser librement. Cette conception s'oppose au constructivisme qui prétend établir une société nouvelle en faisant table rase du passé. 

L'économie naturelle, dite aussi libérale, se résume à cette maxime souvent mal comprise " laissez faire, laissez passer ". Voici ce qu'en pense Frédéric Bastiat :

" Les économistes ne disent pas qu'un homme peut tuer, saccager, incendier, que la société n'a qu'à le laisser faire ; ils disent que la résistance sociale à de tels actes se manifesterait de fait, même en l'absence de tout code ; que, par conséquent, cette résistance est une loi générale de l'humanité ; ils disent que les lois civiles ou pénales doivent régulariser et non contrarier l'action de ces lois générales qu'elles supposent " Harmonies économiques.

Cette économie naturelle trouve son contraire dans l'économie forcée, ou artificielle dont le socialisme reste la meilleure illustration, bien qu'il ait de nombreux avatars.


18 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Patriotisme économique

 

Rien ne me semble plus naturel que l'attachement géographique et spirituel à la mémoire de nos pères, c'est tout simplement un sentiment de reconnaissance pour le travail qu'ils ont accompli, les efforts qu'ils ont faits, et tout ce qu'ils nous ont légué, voilà à mon sens ce qu'est le patriotisme.

Est-ce à dire que la notion de patriotisme soit complètement étrangère aux biens matériels ? je ne le crois pas, je pense même que l'attachement  à la patrie peut être fortement motivé par l'attachement à un patrimoine. Certes, il peut s'agir d'un patrimoine spirituel, d'un legs de sages coutumes, d'institutions et de lois justes, de croyances partagées ; mais il peut s'agir aussi d'un patrimoine foncier et immobilier ("im-mobilis" : qui ne bouge pas) qui porte en lui une histoire dans laquelle nous nous reconnaissons ou qui possède plus simplement une valeur intrinsèque accumulée par plusieurs générations. 

Pourtant, lorsqu'on entend parler de patriotisme économique, il n'est généralement pas question de ce genre de patrimoine. Il s'agit souvent de "défendre" des biens de consommation et des emplois que l'on qualifie de "nationaux" contre la concurrence que l'on qualifie d' "étrangère" en élevant des barrières douanières. 

Si la valeur ajoutée de ces produits est le résultat d'un savoir-faire reconnaissable et identifiable en tant que tel,  un savoir-faire attaché à un nom, une culture, une tradition  ou une innovation qu'aucun substitut ne saurait équivaloir, dans ce cas aucune protection n'est nécessaire. En revanche, si ces produits sont interchangeables, si le savoir-faire utile à leur fabrication est largement répandu dans le monde, il y a en effet des raisons de craindre la concurrence, mais il n'y a plus aucune raison de considérer ces produits et les compétences de leurs fabricants comme ayant une valeur patrimoniale ou nationale.

Il convient donc de distinguer deux formes de patriotisme économique , celle qui consiste à pratiquer une politique protectionniste pour garantir les intérêts de certains fournisseurs et fabricants monopolistes et pour camoufler leur manque d'innovation, et celle qui encourage la transmission et le perfectionnement d'un savoir-faire singulier, tant il est vrai qu'il n'est de richesses que d'hommes. 


15 février 2009 dans Abécédaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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